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 Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g


Je suis arrivé à Zagreb le : 26/03/2014 J'ai posté un total de : 151 kunas en banque. On me dit que : Anthony Hopkins Je crédite : Abyss donc j'ai : 44 ans à : l'Université de Zagreb, et à domicile La classe hein ! Côté cœur je suis : veuf.


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MessageSujet: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Sam 9 Juin - 2:27

William Lévy Stevans
Zagreb, Cimetière Mirojov
Tombe numérotée 457 allée 8

Jeudi  26 février 2017

Erèbe Galathée
Boite Postale n°66
La Poste centrale
25000, Pontarlier


Bien l’bonjour, M’sieur Erèbe,

Si je vous écris cette bafouille c’est qu’il est grand temps. Quand vous recevrez cette lettre j’aurais rejoind ma blanche. C’est comme ca que je le veux aujourd’hui, j’ai encore un tas d’trucs à vous dire. J’vais l’écrire en entier, j’vais le faire pour me battre encore, souffrir de vivre quelques jours de plus, j’ai pas fini de causer et puis ca se fait pas de dire les choses à moitié, entre hommes.

Vous êtes ma sixième lettre, et j’vous étonnerais pas si la cinquième était pour le sale mioche effronté qui vous a ramené au cimetière et qui vous bécotait sous les yeux de ma tendre épouse. J’ vous aurait pardonné si v’zaviez pas les pieds dans ses fleurs. Elle elle vous aurait rien dit pour sur, pensez, les fleurs, a coté d’un bisou, elles ont pâles figures. Je m’excuse, le dois dormir un peu.

Il fait encore soleil, et je me sens plus fort. Vous d’vez plus montrer vos fesses dans le bus. Le faites plus, j’serais plus là pour empêcher la prochaine maman au volan du bus de vous rosser les fesses. J’me rappelerais toujours de ce geste maternel mais vous criiez trop fort fallait faire cesser cette leçon de femmes. Portez vos vêtements, il le faut.

J’ai encore des trucs à dire mes poumons l’savent j’ai pas fini. Le p’tit con m’a écrit une bafouille de Marseille, parait qu’il vous avait vu. J”crois pas  que je recevrais sa prochaine lettre j’aurais bien aimé savoir qui était celui qui a tiré dans le tas. Z’avez une vie trépidantes vous les jeunes, ca m’fait bien rire.

Tout ca pour vous dire, vu que votre blanche a un vieux loup qui la guette : méfiez vous d’Asrandrel Sariel. Cet homme là c’est un assassin, il fait des choses en chimie, j’sais pas quoi, mais méfiez vous. J’voulais vous dire ca surtout en priorité. Il reste des choses plus importantes et trop peu de place. C’est long pour moi d’écrire à cet âge. Dieu m’a voulu vieux, il m’a fait patienter longtemps. Elle me manque tant vous savez ? Je ne vous en ai jamais parlé je pense. C’est un tort, puisque c’est pour elle que j’ai attendu, pour la rejoindre au paradis. Puisqu’elle était un ange. Elle s’appelait Blanche, Elle jouait du pipo mieux que vous vous auriez adoré. Elle aurait aimé le violon, j’aurais été jaloux. Elle me rendait très jaloux. J’ai déjà fait une page, le soir ce couche. J’ai encore tant de choses à vous dire.  

Bonjour M’suis Erèbe. J’suis désolé, j’ai plus beaucoup de place, j’vais être concis.

M’sieur Louis Achéron vous a transmis cette lettre. Ecoutez encore Zaza tu pues mais j’t’aime quand même, j’en f’rais pareil si vous riez v’pouvez être sur que moi aussi quel que soit le lieux ou j’irais.  Y’a la Bonnie qui m’a dit en secret de pas vous dire qu’vous êtes l’homme de sa vie. J’parle pas pour moi, j’parle pour la petiote, surveillez là un peu, elle c’est une fleur, dehors ils sont fous quand ils la voient vous savez bien ils  vont la piétiner. Elle a dit que vous étiez son homme chez une femme c’est pas rien. La faites pas mentir. Sa lettre est avec la votre,  je sais que vous la verrez. Je voudrais que vous la lui donniez. J’lui parle pas d’vous rassurez vous ou rien qu’un peu. Il fallait parler maintenant ou se taire à jamais, maintenant je dois vous laisser, pourtant je pense qu’il faut absolument que vous alliez cueillir des coquelicots. C’matin j’en ai offert un plein bouquet a Blanche, c’était beau, m’a fallu une heure avec mon vieux dos. J’ai menti j’ai dit qu’il m’avait fallu dix minutes. Elle pleure de joie quand je lui offre un bouquet de fleur. Jl’ai vue faire une fois. Imaginez beaucoup, continuez d’écrire Msieur Erèbe, et d’rêver. J’dois vous laisser maintenant, j’ai d’autres gens qu’il faut que je vois, l’temps d’quelques mots.

Avec mes sincères félicitations pour vos bonheurs futurs, j’vous salue bien bas du chapeau.


William L.S.
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Je suis arrivé à Zagreb le : 03/11/2014 J'ai posté un total de : 403 kunas en banque. On me dit que : Jack O'Connell Je crédite : Bazzart et moi meme donc j'ai : 24 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : il est parti en éxil avec : le monde


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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Sam 9 Juin - 12:10

Les kilométres passent sous mes yeux, ils ont la fadeur du plats pays, la fadeur d’un horizon monotomne. L’europe errante sous mes roues, l’Europe en errance. La recherche d’un rêve, celle d’une plume perdue, oubliée dans la jungle, dans des paires d’yeux bleues, sous une peau brune et entre deux paupières vertes. La course a la bohéme, la course tzigane, a danser les soirs sous la lune, a danser, l’esprit trop haut, l’ame trop loin, espèrer partir encore plus loin, au creu du néant, dans les virages d’une ame sous acide, chercher le renouveau. Je cours depuis si longtemps, mais j’cours jamais assez vite pour rattraper la vie. Elle file avec ses trop grandes giboles. Elle file, coquine, en jetant ses culottes comme un petit poucet.
J’ai jamais courru assez vite.
La France, encore. Encore. Encore le pays du libre. Encore le pays poésie, le pays qui chante a mon coeur, le pays qui me raconte comment Rimbaud rêve le soleil, et puis comment la mer est bleue. Qui me raconte, comment ca pulse a Oléron. La france qui raconte, son bateau ivre, du rhone jusqu’à la Seine. Des sources en haut des montagnes, qui s’ouvrent et qui dévalent les pierres de basaltes noires comme la cendre, les forêt de sapins haut, chapeau d’épine pour la Terre. Les lacs, entre deux domes, les lacs ronds, bouche languide des volcans. La france qui raconte, comment c’est beau la mer le soir, quand le vent charie l’humeur des salants.

La france, dans les bars au fond des squatte et les soundsystem dans les champs. La France, aussi triste qu’elle est belle, ma France, aussi belle qu’elle est laide.
Et si je n’ai pas d’encre, si je n’ai que mes voiles, j’ai ce vent, depuis si longtemps qui me ramène ici, qui m’attire, magnétique, vers mon beau pays. Comme il dit, tu sais comme il dit “comme on chérit sa mère, on chérit sa patrie”. Moi, comme je chérit la mer, je chérit ma patrie.
Alors j’ai cette lettres, qui vient me trouver là ou tout me trouve, la ou tant a commencé, là ou tout finira, une lettre vient me trouver, là bas, a Pontarlier, et j’ai du doubs dans les yeux, quand je déchire le papier de l’enveloppe. L’écriture presque calligrafiée, je la connais. J’immagine, une vielle main, une si belle main, une main pleine de ride, pleine de rivières où dansent des souvennirs, ou dansent des histoires et même l’Histoire.
Mes yeux dévallent la feuille, s’embuent. Je dévale sa prose comme la grande pendule d’argent a dévalé sa vie, seconde par seconde, jusqu’à l’inéluctable. Je pose le papier, et je jette un regard sur la ville grise, vétue d’un épais menteau de neige blanche. Aussi blanche que ses cheveux. Je lache un sourire aux nuages, et je rappelle Lupin qui courrait autour du camion. Je monte et je démarre. Je roulerais toute la nuit et une partie de la journée. Je roulerais avec un sourire en lune qui pleurt sur le visage.
Et puis soudain, le cimetierre au coin d’un virage, la grande maison qui perce l’après midi triste. Zagreb sera triste, Zagreb lui doit son deuil. Une de ses plus belles ames jetée au néant. J’espère qu’il danse avec Elle, quelques part, beau comme a ses jeunes heures, le corps loin des marques, les coeur loin des souvennirs.

Je me garre quelques part dans le parc, au caché d’un vieux chéne. J’ai laché lupin, et au coin d’un arbre, moi et ma guitarre qui chante quand la nuit tombe sur Zagreb.

“La ville s'endormait
Et j'en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s'endormait
Et j'en oublie le nom
Et la nuit peu à peu
Et le temps arrêté
Et mon cheval boueux
Et mon corps fatigué
Et la nuit bleu à bleu
Et l'eau d'une fontaine
Et quelques cris de haine
Versés par quelques vieux
Sur de plus vieilles qu'eux
Dont le corps s'ensommeille

La ville s'endormait
Et j'en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s'endormait
Et j'en oublie le nom
Et mon cheval qui boit
Et moi qui le regarde
Et ma soif qui prend garde
Qu'elle ne se voit pas
Et la fontaine chante
Et la fatigue plante
Son couteau dans mes reins
Et je fais celui-là
Qui est son souverain
On m'attend quelque part
Comme on attend le roi
Mais on ne m'attend point
Je sais, depuis déjà
Que l'on meurt de hasard
En allongeant le pas

La ville s'endormait
Et j'en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s'endormait
Et j'en oublie le nom
Il est vrai que parfois
Près du soir les oiseaux
Ressemblent à des vagues
Et les vagues aux oiseaux
Et les hommes aux rires
Et les rires aux sanglots
Il est vrai que souvent
La mer se désenchante
Je veux dire en cela
Qu'elle chante
D'autres chants
Que ceux que la mer chante
Dans les livres d'enfants
Mais les femmes toujours
Ne ressemblent qu'aux femmes
Et d'entre elles les connes
Ne ressemblent qu'aux connes
Et je n'suis pas bien sûr
Comme chante un certain
Qu'elles soient l'avenir de l'homme

La ville s'endormait
Et j'en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s'endormait
Et j'en oublie le nom
Et vous êtes passée
Demoiselle inconnue
À deux doigts d'être nue
Sous le lin qui dansait

Et puis, un pas dans le crépuscule, avec de vieux yeux bleu de lagune.


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Je suis arrivé à Zagreb le : 26/03/2014 J'ai posté un total de : 151 kunas en banque. On me dit que : Anthony Hopkins Je crédite : Abyss donc j'ai : 44 ans à : l'Université de Zagreb, et à domicile La classe hein ! Côté cœur je suis : veuf.


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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Dim 10 Juin - 2:16

Ça avait été très vite. On a balayé devant une porte. Le jardinier s’en est allé, lui et ses troupes, lui et son savoir. Il repensa à ce soir là, à 14 ans, ou il avait sauté de sa fenêtre, au second étage. Il s’était foulé la cheville droite. Il avait supplié William de ne rien dire. Le vieux l’avait soigné. Il s’en rappellerait toujours. De chaque mots. William avait été un autre homme, mais de celui ci, il ne voulait garder que Blanche. Il était William le jardinier. Lui qui n’aimait pas les fleurs ne pouvait plus s’en passer. Il n’était plus là à parler pour les faire vivre, sa blanche et ses fleurs qui se posaient sur la cheminée. Parfois il semblait à Louis qu’à travers les mains ridées de son ami, de belles et petites mains blanches, qu’à travers les bras tannés, des bras blancs et ronds… Il secoua la tête. Blanche était partie en même temps que William. Le temps d’un coup de balais... Qui avait duré 98 ans. Il esquisse un sourire, à peine, en songeant à la longueur de cette vie et à cet homme qui lui manque. Le soleil brille comme sur une toile de lin, le monde n’est rien de plus qu’un écran géant dont on a coupé le son.

Il déambule, amer, ombre divagante, la barbe mal rangée, les yeux délavés par trop de pluie, il mouille la terre de dignité, il ressent la douleur d’être et cela anoblit, il est vieux aujourd’hui, il s’appuie sur sa canne, tend l’oreille, il ne salue pas, il n'interrompt pas, il écoute. Pas loin, sur le banc, il le voit, qui écoute le gamin, qui applaudit avant la fin. Lui n’applaudit pas. Il touche son chapeau, esquisse un sourire en brouillon, s’assoit “je peux ?” Il désigne la guitare. Erèbe la lui tend. Louis cherche l’air, cherche les notes, et la guitare poursuit. Sa voix pleine s’élève, il repensa à l’émotion dans les yeux de William, il est prisonnier pour quelques phrases d’un souvenir.

“Voici exactement voici messieurs mesdames
Comment l'amour creva mon horizon sans joie
Elle s'appelait Blanche et c'était une flamme
Mais oserai-je un jour chanter ce refrain-là
En entrant dans le lit je l'ai sentie nerveuse
Sur le drap de couleur sa chair devint rosée
Sa peau me criait vient et sa bouche fiévreuse


Murmurait pas encore refusant mes baisers

Blanche oh ma Blanche
Sauvage au rouge coeur
La courbe de tes hanches
Je m'en souviens par coeur

Blanche était un volcan c'était plus qu'une flamme
Un brasier que nul homme n'avait pu allumer
Moi j'ignorais ses dons je ne sais rien des femmes
Et je n'ai su qu'après que j'étais le premier
Que ma plume aille droit s'il faut que je l'écrive
Tandis que ses seins ronds échappaient à mes mains

Que ses cuisses fuyaient comme deux truites vives
Moi fou déconcerté je n'y comprenais rien

Blanche oh ma Blanche
Ton regard suppliant
D'animal pris au piège
Je le revois souvent

Je me suis fait pêcheur pour attraper ces truites
Je me suis fait sculpteur pour mouler ses seins blancs
J'ai dû lutter des heures avec cette petite
Furie qui aiguisait sur moi ses jeunes dents
J'ai chevauché ainsi ma plus belle pouliche
Alors que je traînais mon ennui dans Paris
Je cherche en vain depuis cette orchidée de riche
Qui dans ma pauvre chambre un beau soir a fleuri

Blanche oh ma Blanche
Sauvage au rouge coeur
Le piment de tes lèvres
Est resté en mon coeur”

Il a le regard lointain, parce qu’il ne regarde rien. “Il est parti il y avant-hier. Il m’a demandé d’aller poser des fleurs pour Blanche, et quand je suis rentré il était parti. Il n’a pas souffert. Il… souriait”
Il lui rend la guitare.


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Je suis arrivé à Zagreb le : 03/11/2014 J'ai posté un total de : 403 kunas en banque. On me dit que : Jack O'Connell Je crédite : Bazzart et moi meme donc j'ai : 24 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : il est parti en éxil avec : le monde


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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Dim 10 Juin - 5:24

Un visage, une voix, un échange, des cris dans le silence d’une nuit sans lune, cramée de la lumière oblique d’un vieux lampadaire. Une voix et puis des mots, des mots lumière, lumière noire, lumière qui louvoie. Des mots de moire, comme le voile, le linceuil, sur le visage qui se perd de secondes en secondes dans la mémoire. Des mots pour dire, un peu, “je t’aime”, et puis surtout des mots pour dire, “putain c’est beau comme il l’aime”. Parce qu’il n’y a pas de passé a leur amour, parce qu’il s’aime encore, comme s’aime les fleurs, les rose blanches, et les racines, et la terre qui couvre leur visage blanc, jusqu’à la poussière d’un squelette. Des mots pour te chanter un peu l’amis, comme une prière a l’obscurité. L’obscurité d’un trou, d’une béance, d’une faille sur la mosaïque. Faut pas être triste. Et pourtant je pleurs. Juste une larme au coin d’une rime de Perret. Faut pas pleurer, parce que c’est pas triste. Lui il est pas triste, lui, il danse au milieu d’un jardin, avec sa blanche, il danse, et il sourit au soleil. Il danse, loin de l’aiguille, et de la pendule d’argent, loin de la solitude, loin des trous, des fissures, loin des cris, loin du passé, loin du futur, et puis du non-futur. Loin de l’age et du temps qui éffrite. Loin du laid de son corps flétris, comme un vieux fruit, loin de sa peau dont les rides font des mots, font ses maux. Loin.
Faut pas être triste. Louis a le regard encore plus saisissant. Le bleu de ses prunelles perce le monde, comme une lame, qui découpe, qui tranche devant elle. La douleur, et puis, la mélancolie, le rappelle du temps qui ballaie la poussière de la vie. La poussière d’une vie en cendre a la fin. On finit tous en cendre ou en poussière, éparpillé sur la terre, juste un souffle, une brume, des particules quelques parts.
La voix retombe. Une brume se lève, parant les tombes d’un châle de fumée dont les volutes opaques me glace les os. La nuit vampire, je n’ai pas peur.

“Il est parti avant-hier. Il m’a demandé d’aller poser des fleurs pour Blanche, et quand je suis rentré il était parti. Il n’a pas souffert. Il… souriait”

J'imagine son visage, à sourire à la mort, a tourné dos à la pendule, a son corps, et à la solitude; J’m’assois malgré le froid, mon corps se perdant sous la brume. Mes doigts s’affairent, il connaisse la mécanique. Il est temps d’épaissir un peu la brume, d’accrocher un sourire a mes lèvres. Faut pas pleurer. Moi j’pleurs plus. J’suis plus triste, moi j’veux plus être triste. La tristesse c’est du temps qui s’égraine, c’est du temps qui se perd, pis qui lacère. Et on a jamais assez de temps. T’entends pas? Tic, tac, c’est le bruit des talons. J’allume le pet’ et je souris. “Il va me manquer, ce vieux fou.”

J’esquisse quelques accords, j’offre à la nuit quelques feulements, quelques lamentation pour la lunes, mais les accords tournent au rire, a la gigue, les accords pleurent plus, les accords ils dansent. C’est pour lui et sa blanche, dans son jardin de lys. Pour qu’il danse, un peu pour moi, un de leur amour, quand il faut la lumière. Je tends le joint a Louis. “Il a déjà été enterré?”


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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Dim 10 Juin - 12:28

“Non, merci” il repense à la pipe en bois qu’il a bourrée au réveil, au fait qu’un fume depuis deux jours sans discontinuer, a sa nuit de toux, et au moment ou il a posé la pipe sur la cheminée du salon. Non, ce n’est pas pour lui, pas aujourd’hui. “Non, il voulait l’être le 1er mai pour être sur que ceux qui le voudraient pourraient venir.” Il était ce genre d’homme prévoyant. “Il vous a laissé un carnet. C’était un vieux carnet qu’il trainait partout, il a dit qu’il était pour vous” Il le sortit de la poche intérieure de sa veste, pour le lui tendre “il parait que vous voulez faire chanter les mots. Peut être ferez vous des livres, alors des gens vous lirons”
Il le prend, le pose, puis gratte sa guitare, l’air concentré. Avant de se mettre a crier, tribal, des cris de détresse, puis des mimes, et Louis se prête au jeu. Ils sont deux, le jeune et le moins jeune, et pourtant le voilà qui perd ses 98 ans, il n’en a plus que 45, et il semble en avoir moins a crier au pâle sourire de la lune qui parait dans le ciel défait.
Le repertoire évolue, et Louis finis par se redresser après une reprise d’”It the road Jack” qui les laisse sans souffle.
“Ou l’on fait son lit, on se couche. Nous pourrons le border autant que nous voudrons il n’en dormira pas mieux désormais. Avant de regagner le notre, j’aimerais vous inviter chez moi. Ce n’est pas très loin, et j’ai une ou deux bonnes amies que j’aimerais vous présenter”


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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Dim 10 Juin - 12:29

Je siffle Lupin pour qu’il nous suive, il se fait discret, une ombre dans la brume. Je’happe encore une latte avant d’ouvrir le carnet, ma guitare sur l’épaule. Les coups de fusains dessinent des paysage merveilleux, au delà du dicible. La première feuille représente un camps dont les maisons géométrique tranchent les allées de la mort, alors qu’un visage se presse au coin du dessin, livide. Je referme. Je le regarderais plus tard, à la lumière.
La maison sur la colline a des allures de films d’horreur dans cette nuit informe, le loup dans la brume, qui tourne et louvoie dans l’ombre des tombes, Tandis que pointent haut les toits et les murs de la maison, cassant les courbes de la nuit. “Mon chien peut rentré?” Mes doigts caresse la pierre et le bois. Sur le côté, quelques fleurs commencent a bourgeonner au printemps qui vient. La mort, et la vie. Je l’avais rencontré au primptemps, le jardinier, penché sur son dos, penché sur son arthrite, avec son sourire de viel homme, son sourire de vielle âme. Il caressait les fleurs, du bout des ses doigts desséché, son sourire coulant comme sa peau sur son visage.

Je me souviens sa manière de nous courire apres, Absynthe et moi, ce fois ou on s’embrassait dans le secret des sépultures. Je me souviens être revennu, plein de fois, ici, juste pour son vieux sourire, sa vielle voix et ses histoire, et puis pour la pureté de son regard. Je pose ma main sur l’épaule de Louis, bien que je ne connaisse que peu, je le sais homme de bien, et la douleur dans ses yeux, me traverse de son silence, du sec d’un regard d’homme en souffrance. Il ne pleurera pas. Il est peut etre de ceux qui ne pleurent plus. Mais une main, c’est pas une larme, c’est juste une main, elle veut rien dire, et puis, elle veut dire plein de chose, la main sur son épaule. Juste pour lui rappeller qu’il est pas seul. On est jamais seul.


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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Dim 10 Juin - 12:29

“Il peut, s’il s’essuie les pattes en rentrant”

Il a répondu avec desinvolutre, avant de passer la porte. Ici, il y a encore l’âme du jardinier, quelques vases aux fleurs défraîchies disséminées un peu partout clamant son départ. Louis se dirige vers le grand buffet marqueté dans le salon, ouvre une porte dans la partie supérieure, et sors méthodiquement les huits bouteilles entreposées là. “Je propose une dégustation” il soulève une bouteille au liquide vert reconnaissable “Celle là, je ne te la présente pas je ne crois pas que ce soit la peine.” Il la pose sur la table, avant d’en sortir une autre. “De l’alcool de cactus. William m’avait confié que vous aviez l’air d’en raffoler” C’était inexact, mais Louis ne pouvait pas savoir qu’il avait du serrer les dents les lèvres et tout ce qui s’ensuit pour ne pas recracher le liquide, avant de passer par toutes les couleurs comme un prépubère devant son premier digestif.
Il le servit généreusement.

“Au disparu”

Ils firent teinter leurs verres, et Louis le but d’une traite, mais il ne pu empêcher une petite grimace de déformer ses lèvres. S’il était habitué à la décoction de son ami, il ne s’en servait au grand jamais un demi verre. Il n’était pas habitué à boire, en tout cas pas à boire beaucoup. Mais voilà, il était au lendemain d’une révolution dans son existence, il était temps de jeter à bas les habitudes. Il servit un verre d’Absynthe.

“Aux absents”


Dernière édition par Louis S. Achéron le Dim 10 Juin - 13:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Dim 10 Juin - 12:30

Le venin a des couleurs tremblotantes dans les lumières si triste du bois du salon. Les murs, parés de livres respirent l’odeur du vieux papier et du vieux cuire, et puis, il y a cette odeur de fleur morte, contre le papier mort. Il manque un bout d’ame a ces murs, un soupir, le claquement d’une langue, la caresse des très vieux doigts sur des pétales. Les alcools danse, et Louis s’embarque avec moi, sur ce vieux bateau que rimbaud aimait bien, le bateau ivre des mélancoliques, a saoulé les rivières de regards qui ne pleure plus, a remplir les lits a sec de vieux fleuve desséché comme les vielles pétales d’une fleur qu’on a oublié dans un vase.

“Au disparu”
Le mescal a le gout du désert, et la brulure du sable au fond de la gorge. Celui là est artisanal, il prends les tripes et chauffe les sens, doucement, la température monte.
L’alcool vert a les reflet d’un regard emeraude, un regard chaud comme la pâleur d’une peau, la tendresse d’un regard, d’un cil blond qui coupe le monde d’un coup de lame d’amazonite.
“Aux Absents”.
Et pis y a Bonnie, elle aime bien le whisky Bonnie. Il doit avoir du whisky, le Louis, on y viendra bien vite au whisky. “Tu pense qu’il va venir?” Je m’inquiéte un peu, la lettre, et puis, ce fantome dans les rues de marseille, son “père”, les ombres, l’odeur de la peur, la panique dans ces yeux. “J’ai vu Absynthe a Marseille j’sais plus trop quand, j’compte plus les jours. On a croisé des mecs qui visiblements lui voulait pas du bien, et un type qui dit qu’c’est son père…” Je reprends mon souffle. “ Et William m’a dit de m’en méfier dans sa lettre, cet Asrandrel. Tu en sais peut-etre plus que moi?”



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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Dim 10 Juin - 14:13

“Tu pense qu’il va venir?”

Louis pose le verre de shooter d’absinthe vide sur la table. "Qui ? Absynthe ?" C'est à propos. Il acquiesce. “J’ai vu Absynthe a Marseille j’sais plus trop quand, j’compte plus les jours. On a croisé des mecs qui visiblement lui voulait pas du bien, et un type qui dit qu’c’est son père…” Louis grogne. Evidemment que partir n'était pas la seule bonne idée. Il aurait dû rester. Il aurait pu l'aider. “Et William m’a dit de m’en méfier dans sa lettre, cet Asrandrel. Tu en sais peut-être plus que moi?”

"..." Il se lève et lance le gramophone. Il pose le bras sur le disque, la pointe court sur le sillon. Il n'est pas parano, non pas du tout. Il sort la bouteille de Wisky, s'en verse un doigt et prend sa pipe et son tabac sur la cheminée. Il la bourre en répondant

"Il est revenu s'installer ici. Il était parti, cet Asrandrel Sariel, puis il est revenu. Lui aussi, il l'attends"

Ils se surveillent mutuellement et tentent l'un l'autre de s'attraper. Il l'a recroisé et à le déplaisir de le savoir tout les dimanches à l'église à bien se faire voir d'un maximum de ses concitoyens.

"J'ai recu une lettre moi aussi." Il allume sa pipe.

"William savait beaucoup de choses, sur nombre de personnes" il le regarde sans rien ajouter de plus, boit une gorgée de whisky. Absynthe vivait ici depuis deux mois quand William a rencontré Asrandrel pour la première fois, dans le jardin. A ce moment là il n'a pas vu son visage il a pensé à un intrus.

"Entre temps, j'ai appris qu'il avait séquestré Absynthe depuis son enfance et qu'il le pourchassait à travers le monde. William aussi le savait. Aux yeux de la loi, il est son tuteur. Enfin, il l'était. Désormais Absynthe est majeur."

Et de ce fait ce petit jeu à assez duré. Ce sera plus simple, désormais.

"6 mois plus tard il s'infiltrait dans la maison, assommait william, se faufilait jusqu'à la chambre d'Absynthe. Je me suis interposé et nous nous sommes battus. Il m'a dit qu'il était son père, qu'il venait le chercher et qu'il ne tolérerait aucune résistance. J'ai refusé son offre. Il a sorti un couteau" Il en gardait des souvenirs pâles sur les côtés. Neemmoins, cet homme ne l'avait pas emporté au paradis.

"Je l'ai repoussé dans les escaliers. William était revenu à lui et lui à tiré dessus avec le fusil de chasse. Si nous avions su alors... Il aurait mieux valu une balle que du plomb." William n'avait pas tiré dans le but de tuer malgré tout. Il l'aurait pu. Si Louis recroisait cet homme, il n'aurait pas cette indulgence.


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Je suis arrivé à Zagreb le : 03/11/2014 J'ai posté un total de : 403 kunas en banque. On me dit que : Jack O'Connell Je crédite : Bazzart et moi meme donc j'ai : 24 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : il est parti en éxil avec : le monde


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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   Dim 10 Juin - 14:32

Le visage de Louis se plie. Les ride de son inquiétude, les marques d'un père qui apparaissent dans les lumières tamisées, alors que les ombres semblent s'allonger sur les vieux meubles de bois, comme si le fantome du Monstre rampait encore derrière les théières, dans l'angle de la bibliothéque, ou quelques part encore dans le globe en cristal sur l'étagère.

Un vieu Jazz s'elève dans le son nasillard du gramophone, la voix d'Arietta emplis l'air de ses vibrato de secret, sous le menteau de la musiques, quelque murmures. Un puzzle qui se recompose. Je savais une connexion, plus forte que beaucoup d'autre, entre le p'tit bout de jade et moi, mais je n'avais pas mis le doigts dessus. Nous sommes tous les deux les esclaves de nos pères, et ceux là ont fondu le marbre lisse de nos ame en basalte noir des laves. Il est une ombre qui plane sur sa vie, l'épée de Damoclès d'un géolier amoureux. Je l'avais senti, dans le regard de cet homme, dans son regard d'acier, tranchant, damassé. J'avais senti ce sentiment de proprieté bafoué, de manque, cet urgence et cette cruauté. Et alors que le récit de Louis se précise, je sens le meme frisson qui m'avait pris ce jour là remonter le long de mon échine. Comme s'il était là, a nous regarder entre deux livres, caché derrière la grande bibliothéque d'acajou.

Je me perd dans des images du passé, ou des hautes tour tranchent le ciel en deux. Un corbeau niche tout là haut, je vais le voir le matin. Le dehors me semble comme une ombre, un danger, il m'a parler des monstres du dehors, alors moi, j'le crois et j'me dis que je suis bien loin des monstres. Des fois je les entends crié la nuit, contre ma fenêtre. Les rimes du temps passent, j'suis plus grand, et je sais qu'il n'y a plus de monstres. La porte de ma chambre est fermée, et ca fait longtemps que j'ai plus vu d'oiseaux, enfermé dans une chambre sans fenêtre, quelques bougies, quelques crayons, de quoi noircir les murs à l'encre de ma haine. Et puis je me rappelle plus tard, la buche, son crane, son regard, le feu, la fumée, la fin, le début, la délivrance. J'ai tué mon géolier, et c'était la seule façon de lui échappé. Je lui montrerais le chemin si je le peu, qu'il puisse éclore, dans le soleil, loin de l'ombre de la nuit de sa vie. Que le jour peigne enfin ses aurore au creu de ses cils, et qu'il puisse sourire vivre et jouir loin de la peur.

"Merci, Louis."

Je prend le temps, je choisis mes mots, et bien que l'alcool aide, je n'ai pas parler de ça depuis que ca c'est passé, sinon par bribe à Bonnie.

"Je veux l'aider, Louis. J'veux dire, je sais ce qu'il peut vivre, je sais sa peur, je sais ses cauchemars, je sais ce que c'est que d'être le fils d'un fou, que d'être enfermé, poursuivi, que de n'être que la possession d'un autre, revendiqué comme tel."

Je m'arrête, je suis a son oreille, ce n'est plus qu'un murmure.

"Il faut qu'il le tue, ou qu'on s'en charge, c'est la seule façon de le délivrer de son ombre."
Je sourie

" Moi, j'suis en pleine lumière maintenant."


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MessageSujet: Re: Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g   

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 Un petit verre et puis s'en vont - Au Manoir Achéron, tard le soir /pv e.g

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