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 i n s o m n i e - erèbe et ethel


Je suis arrivé à Zagreb le : 09/11/2014 J'ai posté un total de : 64 kunas en banque. On me dit que : Louis Tomlinson. donc j'ai : 22 ans La classe hein ! Côté cœur je suis : célibataire. Me, myself and i :




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MessageSujet: i n s o m n i e - erèbe et ethel    Jeu 14 Juin - 21:33

00:42, les pieds qui traînent sur le trottoir humide, mains dans les poches de mon blouson trop fin, le nez levé vers le ciel noir.

Ma huitième insomnie en deux semaines.

Depuis que je suis arrivé à Zagreb, je ne trouve pas le sommeil. À peine allongé dans mon lit, je me sens étouffé par la poids de la couette qui pèse sur mon ventre, écrasé par les bruits de l’immeuble — un voisin qui fait tomber une chaise, quelqu’un qui tire une chasse d’eau, un chien qui aboie, un couple qui descend l’escalier en riant trop fort —, terrassé par le silence épais de mon appartement.

J’oscille dans un semi coma. Mes paupières me brûlent et mon dos se trempe de sueur jusqu’à ce que je repousse le drap. Dans un coin de la pièce, mon radio-réveil me nargue en affichant l’heure en lettres vertes. Je le retourne vers le mur.

Souvent, je vais ouvrir mon frigo. Une bière ou deux, et je finis par sombrer dans le sommeil, les lèvres collantes et la bouche épaisse. Je me réveille le matin avec une monstrueuse envie de pisser, un mauvais goût sur la langue et l’impression de devenir peu à peu alcoolo.

L’autre moyen, c’est une douche chaude. Mais l’eau est froide à partir de 22 heures dans l’immeuble. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai appris à aimer m’infliger le filet d’eau glacé le long de mon dos. Les frissons qui parcourent mes veines me laissent insensibles à tout le reste, et quand je retourne me coucher, mon corps n’est plus qu’un poids mort sous la couette, qui se laisse sombre seul dans l’océan noir de la nuit.

Parfois, pourtant, je sais pertinemment que je n’arriverai pas à dormir. C’est en moi, une sorte d’agitation qui me traverse, un courant électrique dans le cerveau. Mes yeux ne veulent pas se fermer, je me tourne et me retourne jusqu’à exploser. Alors, j’enfile un jogging et je sors de chez moi en dévalant l’escalier, les doigts agrippés à une clope. Je sors fumer pendant deux heures, je marche autour du quartier, puis plus loin, je dépasse des ponts, je monte dans des bus silencieux et vides, je me perds dans des ruelles sombres, je cours comme un fou dans les rues endormies. Les gens que je croise ont les yeux jaunes, leurs jambes tremblant de fatigue. Nous nous regardons comme des loups chassant dans la même forêt : celle des nuits sans étoiles et sans rêves.

Ce soir est une de ces soirées. J’ai le ventre vide et les genoux éraflés sous mon jean. Mes muscles sont lasses d’avancer. Et pourtant je continue de marcher, Rimbaud solitaire. Mais mes pieds ne foulent pas l’herbe menue des soirs bleus d’été. Ils s’accrochent au goudron sale des ténèbres de la ville. Et je n’ai rien d’un poète. J’ai juste l’air d’un gamin déprimé et paumé, j’en suis sûr. Si j’avais un truc à écouter ce serait Lana Del Rey ou Cigarettes after sex, une chanson lente aux accents languissants, avec des paroles qui te donnent envie de crever.

Je finis par m’arrêter sous un réverbère pour m’allumer une dernière cigarette. C’est là que je réalise que je me suis bien plus éloigné que d’habitude. Devant moi, il y a les bords sombre de la Sava, ses péniches éclairées et les cris d’un groupe de jeunes en train de s’amuser à balancer des cailloux dans la flotte. Je suis déjà venu ici mais c’était en pleine journée, à un moment où j’étais capable de me rappeler d’où je venais. Là, non.

Je prends une bouffée de ma clope et j’avance à nouveau, tournant au coin d’une rue. Il ne pleut plus, l’air est moite autour de moi. Il faut que je trouve un arrêt de bus. Il y a toujours une carte de la ville accrochée à la vitre de l’abri. Je n’ai pas tellement envie de passer ma nuit dehors…

Sauf que je tourne en rond. Longtemps. Je traverse plusieurs rues tortueuses et absolument désertes, et je finis par me retrouver à nouveau devant la Sava.

C’est là que je l’aperçois. Assis sur un banc devant la rivière, un mec fume. J’hésite à peine un instant et je m’approche de lui, par ce que j’ai besoin de demander mon chemin. Je me fous de savoir si c’est un malade ou un insomniaque comme moi. Je me racle la gorge en arrivant prêt de lui. Ma voix sonne creux dans le silence.


« Excuse-moi ? Tu connais bien la ville ? Je suis paumé… J’habite à Sesvete. »




« S’il pouvait faire du soleil cette nuit. » - A. BRETON

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Je suis arrivé à Zagreb le : 03/11/2014 J'ai posté un total de : 413 kunas en banque. On me dit que : Jack O'Connell Je crédite : Bazzart et moi meme donc j'ai : 24 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : il est parti en éxil avec : le monde


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MessageSujet: Re: i n s o m n i e - erèbe et ethel    Ven 15 Juin - 11:46


Parfois, je ne trouve pas le sommeil. Ce sont ces nuits trop vides, peut-être trop solitaire, ces nuits ou je pense, et repense et me noie dans le remugle de mes pensées insipides, fatiguées.

Ces nuits là je me lève et je regarde le dehors depuis le hublot du camion, je caresse lupin endormis du bout des doigts et je fumes une cigarettes en ouvrant la fenêtre, pour sentir l'air, qu'il soit froid ou chaud, sur mon corps nu, pour entendre, pour ressentir et arrêter de penser. Ces nuits là j'm'habille à la hâte, surement avec des fringues sales. Je sors du camion. J'dois avoir des allures de punk lessivé. L’œil hagard et rouge, les cernes dégoulinant jusqu'au sol. Et je me traîne dans la ville. J'erre les méandres de ruelles, et puis je dévalent les grandes artère jusqu'au bord de l'eau. Inconsciemment, j'ai suivis le grondement sourd de la rivière roulant sur son lit de roche. Je ne sais pas quelle heure il est quand je me pose sur ce banc, mais je sais que j'y reste longtemps, penché sur mon carnet, et j'écris, j'écris compulsivement, au papier des reflets de la lune sur l'ondée agitée, illuminant les arrêtes des rapides comme des lames.
Je fume, j'écris, je fume, j'écris, le temps s'arrête dans cette mécanique là. J'suis happé. Je ne sais pas vraiment ce que j'écris, c'est juste des mots, des phrases que je fait chanter, gouttant le son de chaque moi du bout du stylo, c'est juste, des rime comme ça, perdue dans la nuit et dans la fumée des mots, comme des volutes qui s'échappent, hors de tout contrôle.
Je fume, j'écris, je fume j'écris, j'crame la nuit dans la fraise des joints. Ca pèse, ca commence a peser si fort, ma solitude. Oh j'ai rêver, j'ai aimé, ma route et ma vie d'ermite, ma vie d'oiseau liberté, sans attache. Ou j'l'ai aimé, j'l'ai rêvé si fort la solitude de l'horizon.
Et même si il y a Bonnie, Bonnie n'est pas là toujours.
Je vais trop vite.

Meme si Y a Bonnie, avec ses hanches croissant de lune, sa peau de chocolat et sa bouche améthyste, même si ya Bonnie, j'suis seul sur c'te route là. Et bien qu'il y ai Absynthe, c'est d'la fumée lui aussi, d'la fumée verte, d'la poussière de fée. On peut pas l'attraper Absynthe. On peut pas m'attraper non plus. Alors j'suis condamné, a la solitude de ces nuits là. C'est l'prix a payer pour la liberté. L'amère réalité, toujours a double face, a double tranchant. J'suis bohéme dans ma nuit de spleen. J'suis heureux pourtant, j'ai cte joie, cte soif de vivre, de rire, et de jouir de chaque choses, j'suis heureux parce que je vis mes rêves. Mais il y a ces nuits là, ou j'trouve pas la joie, ou j'trouve pas le sommeil, ou j'me sens fané, ou j'ai l'impression d'étouffer, l'impression que j'vais tomber. Alors j'écris des mots qui n'ont pas de sens et j'fais des promesses à la lune, j'pars nus dans les forêt, courir après les dryades et mes satyres.

J'lève les yeux, quand un morceau d'nuit vient s'incruster dans la mienne, avec ses yeux cerné, son visage blafard et son air perdu.
Je répond rien d'abord, je le regarde juste, en tirant sur mon joint avant de le lui tendre. "Ca va, on est pas loin". Mon Croate toujours aussi français. Je me lève, pose un regard sur mon carnet et je le pose là. Je le laisse derrière moi, comme si je laissais l'espoir de partager ma route. On nait seul. On est seul."viens je te racompagne".
Je marche sans regarder s'il me suit.


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MessageSujet: Re: i n s o m n i e - erèbe et ethel    Mar 19 Juin - 22:32

Il a les yeux comme une pierre noire très lisse et pointue, un regard froid où se mélangent les couleurs de la nuit et un rideau de pluie.

Devant son mutisme, d’abord, j’hésite à m’excuser. Je voulais pas le déranger. Il avait l’air si bien sur son banc, assis avec ses pensées, son joint entre les doigts, si bien à fixer la rivière, les yeux dans le vide, immobile. Mais je ne dis rien parce qu’il a ce regard qui impose le silence, il est de ces êtres humains que l’on a envie de respecter, même sans les connaître. Quelque chose en lui me dit qu’il n’est pas comme tout le monde. C’est dans le mouvement de son poignet, dans la façon dont ses yeux m’examinent, rapidement, l’air de rien. C’est dans son geste simple de me passer son joint, sans un sourire ni rien, juste ça.

Je ne sais pas quoi en faire. Je me retrouve bêtement avec le cylindre allumé entre les doigts, sans vraiment savoir si j’ai envie de fumer. Mais j’ai l’estomac vide depuis trop longtemps et l’odeur de l’herbe me donne envie de manger alors je le porte à mes lèvres et j’avale une bouffée. Ça fait si longtemps que je n’ai rien fumé d’autre que du tabac. Un mois peut-être… Ou deux ? Depuis Esyl et les autres, leurs soirées perchées sur des mobylettes pourries à arpenter la ville en espérant croiser des gens à emmerder, les après-midis allongés dans le champ derrière le terrain vague, nos cheveux mêlés aux herbes sèches, leurs rires trop forts et mes yeux n’arrivant à se fixer nulle part, glissant sur la rondeur des nuages jusqu’à la somnolence.

Le goût de l’herbe me rend mélancolique. J’ai l’impression que mes veines sont froides, que ma solitude brusquement m’enserre comme une liane.

Il finit par se lever, et dit qu’il va m’accompagner. Que c’est pas loin. Je ne réagis pas. Ça me paraît si brutal, si soudain, ce mouvement qui le pousse vers la route. Il laisse son carnet sur le banc, et pendant un instant j’hésite à le lui signaler mais la nonchalance de sa démarche me souffle qu’il en a fait exprès. Qu’il égrène ses mots ses poèmes ses rêveries partout dans la ville. Il y a longtemps j’avais lu une histoire comme ça, celle d’un gamin qui notait des bouts de phrases sur des papiers et les dispersaient partout dans la cour de son lycée, parce qu’il avait désespérément besoin d’être entendu, par tout le monde et personne à la fois.

Je me demande si c’est son cas, à lui aussi. Si ses yeux d’homme n’ayant plus peur de rien, ni du froid ni du vide, cherchent en réalité une lumière à laquelle s’accrocher. Je me demande s’il cache des failles, des crevasses, des écueils. Je me demande quelle est la face cachée de sa lune, si elle est aussi abimée que la mienne, aussi douloureuse.

Lentement, je le suis. Mes pas s’accrochent aux siens, j’accélère pour atteindre ses épaules, j’essaye d’être sur le même fil que sur celui où dansent ses pas.

Je lui tends le joint dans une tentative de nouer le dialogue entre nous. Je ne sais pas pourquoi en fait, on pourrait très bien marcher en silence mais j’ai cette envie absurde de me raconter à un autre être humain et puis d’oublier à l’approche du soleil que j’ai osé mettre mes plaies à nue. J’ai envie d’entendre sa voix, aussi. Sa voix un peu rauque et à l’accent étrange, une langue que je ne connais pas.

— C’est gentil de m’accompagner… Je viens d’arriver ici alors je suis un peu… Paumé ? Dans la journée ça va, je me repère, mais la nuit c’est différent. J’ai l’impression que toutes les rues se ressemblent, qu’elles sont affamées de la même façon et qu’elles m’enferment.


Je me passe la langue sur les lèvres. Elles sont sèches. La rue est si silencieuse, j’entends nos pas qui résonnent dans un écho incertain.

— Toi aussi, tu fais de l’insomnie ? Moi c’est presque toutes les nuits… À la fin j’en peux plus et je prends ma veste, mon paquet de clopes et je sors.

Je ris un peu, je me sens stupide à parler comme ça, pour presque rien. Je comble le silence qui entre nous s’étale. Je n’ose pas tourner le regard vers lui, vérifier s’il m’écoute ou s’il s’en fout, si déjà ses yeux se sont perdus sur autre chose que moi.

— Je suis crevée et pourtant j’ai l’impression que marcher est la seule chose qui puisse m’apaiser… J’sais pas ce qui m’angoisse. Si c’est le fait d’être seul pour la première de ma vie ou si c’est juste mon cerveau qui déraille… Tiens, je devrais acheter de l’herbe comme toi. Peut-être que ça me calmerait.


Je souris encore, en regardant nos pieds qui ne s’arrêtent pas. Mes jambes trop minces dans mon jean serré et lui, son corps d’homme à côté du mien, robuste tandis que je suis frêle.

On passe devant une épicerie ouverte 24/24H, et je cligne des yeux devant les néons agressifs. Dans le fond de la boutique j’aperçois une femme à moitié endormie contre le comptoir, un bouquin posé sur ses genoux. Je détourne les yeux.

Je me tais.




« S’il pouvait faire du soleil cette nuit. » - A. BRETON

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Je suis arrivé à Zagreb le : 03/11/2014 J'ai posté un total de : 413 kunas en banque. On me dit que : Jack O'Connell Je crédite : Bazzart et moi meme donc j'ai : 24 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : il est parti en éxil avec : le monde


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MessageSujet: Re: i n s o m n i e - erèbe et ethel    Mer 20 Juin - 23:54


i n n o c e n c e
Ethel & Erèbe

« ““La lune est le rêve du soleil.”” » Inconnu
La nuit écarte ses doigts et un filet de lune perce entre les nuages, parant le décor de lumière d'argent et de saphir sous mes yeux éclatés. J'entends derrière moi le rythme incessant de l'eau, les roulement de la rivière qui battent et battent encore contre les pierres m'hypnotise. Mon cœur semble battre a ce même rythme et je me demande ce qu'il se passerait si la rivière s'arrêtais soudain de bougé et devenait une ondée plate. Mon cœur s'arrêterai-t-il? Je repense a ce baiser volé, a ma honte, a mon plaisir, je repense inlassablement a sa bouche contre la mienne, au gout de sa passion, a la chaleur ardente de son corps sous mes doigts. Je repense inlassablement a ce que je n'ai pas fait, a ce que j'aurais pu faire, a son corps fendu d'amour en une cambrure d’apesanteur, a ses râles, a ses fesses.  
Et alors, si j'l'avais fait?
Pourquoi j'ai pas fait?
Sur la route, il y avait, cette forme de sable, fantôme nomade,
Sur ma bohéme, il y avait, deux yeux d’Absinthe, une peau de crème.
La lune est mélancolie sur mon chemin d'insomnie, je sème mes joints en petit poucet. Mes pensées volent trop haut pour que je les attrapent, alors je les laisse filer, dans les nuages vaporeux de ma conscience, j'les laisse me glisser tout en dedans de moi. Mais voilà, une voix a briser le silence de ma nuit, et je la sens tomber contre moi, comme le toucher erratique d'un voile qui s'effriterait contre mon visage. Le bout d'Errance qui suivait mes pas me rend mon joint non sans avoir tiré quelques lampées. Je le porte a mes lèvres et expire un long volute de fumée dont j'admire les jeux des lumières dans la nuit. "C’est gentil de m’accompagner… Je viens d’arriver ici alors je suis un peu… Paumé ? Dans la journée ça va, je me repère, mais la nuit c’est différent. J’ai l’impression que toutes les rues se ressemblent, qu’elles sont affamées de la même façon et qu’elles m’enferment. " Et qu'elle me mange, qu'elles alignent leur dents de pierres comme autant de gargouilles sur les toits qui n'attendent que le cœur d'une nuit solitaire, d'errance imbibée d'urgence, pour me tomber dessus. Que la grande gueule de roche poreuse de Zagreb m'avale tout entier, me laissant dans le noir de son labyrinthe.


"Toi aussi, tu fais de l’insomnie ? Moi c’est presque toutes les nuits… À la fin j’en peux plus et je prends ma veste, mon paquet de clopes et je sors. " Je sors et j'trace la nuit comme d'autre la Ké. Je trace, j'aimerais courir nu entre les piliers de pierre des temples de l'humanité, courir nu et hurler, j'ai besoin d'ouvrir les vanes, de tout lacher, de vomis ce trop plein de rien qui me tord les boyaux, c'est impression d'être pris au piège entre ma liberté et mes rêves d'amour. Mon humanité me tuera, j'suis pas assez bestiale pour tenir cette vie là, j'veux pas assez primale, j'ai trop de soif de partage, j'ai trop besoin de l'autre pour me suffir. Et ca m'tue, parce que j'veux avoir besoin de rien sinon de moi, j'veux être sans avoir a parâitre ou a devenir. J'veux continuer de glisser, comme une larme bohéme sur le ventre rond de la Terre et rejoindre notre mère la Mer. Je voulais jouir le monde, dans l'écrin du regard de la nature, du vent, du feu, de l'air, des l'herbe et des dunes de sables, et des crêtes de vagues de la Mer quand elles viennent mourir sur un désert d'Afrique.

"Je suis crevée et pourtant j’ai l’impression que marcher est la seule chose qui puisse m’apaiser… J’sais pas ce qui m’angoisse. Si c’est le fait d’être seul pour la première de ma vie ou si c’est juste mon cerveau qui déraille… Tiens, je devrais acheter de l’herbe comme toi. Peut-être que ça me calmerait. "Ou peut-être pas. Peut-être que ca te donnera l'impression de voler, l'impression que ca va mieux, que ca passe mieux, parce que sur l'instant, ca te glisse dessus, encore et encore, sans t'atteindre, parce que le temps de ta défonce, tu sera bien dans les volutes cotonneux de l'ivresses, mais si tôt redescendu la réalité revient planté ses crocs dans ta gorge. C'est une vipère celle là. Les paradis artificiels, c'est que des placébo. La seule vraie quiétude, c'est la mort. Je me tourne vers lui, un premier sourire, comme pour m'excuser du cynisme de ma soirée, de comment j'dois avoir l'air sombre, de commen tj'dois avoir l'air malheureux. J'suis pas malheureux, en ce moment, j'ai juste du mal a être heureux.

"Moi ca m'prends la nuit comme une odeur nauséabonde, c'est les flots de mes pensées qui se tournent et se retournent dans ma tête. Alors j'me lève, et j'fume une clope a poil devant la lune avant de me trainer dehors. j'sais jamais ou j'vais -bon pour ca j'ai pas besoin d'insomnie-, mais j'y vais et j'erre la nuit. Je fume, je fume, je fume, mais ca me calme pas non, ca met juste comme une sourdine sur le monde, ca m'déconnecte assez pour que j'arrive a vidanger ce que j'ai vidanger dans la nuit en espérant que le soleil me rapporte le sommeil."

Je ne sais pas pourquoi j'dis tout ça, mais j'parle. J'aime bien lui parler. Il dégage des énérgies saisissantes, et bien que je ne sache pas qui il est j'ai envie d'ouvrir le livre de ses yeux sombres, de lire les pages de ses fleurs du mal a lui.
"Tu veux venir boire l'apéro chez moi, j'suis vraiment pas loin..."

En effet, j'appercois mon van sur un parking devant nous, mes pas avaient finis par me rapprocher de ma maison sur roulette, a croire que j'ai fait le tour de la ville dans mon errance sans m'en rendre compte. Lupin est à la fenêtre, ses oreilles dressées.
(c) DΛNDELION


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MessageSujet: Re: i n s o m n i e - erèbe et ethel    Mar 26 Juin - 19:22


Je l’écoute quand il se décide à parler. Ses mots résonnent au rythme de nos pas sur le trottoir, et, au fil de sa confession, je comprends que j’ai eu raison d’aller vers lui cette nuit. Il est de ces humains qui savent, sans que l’on ait vraiment besoin de leur expliquer en détail. Je sais qu’il ne me jugera pas parce que lui et moi, sur certains points, on est pareils. Il a beau être plus âgé, plus mature sans doute, il a beau connaître la vie et ses désillusions bien plus que moi, il ressent lui aussi le poids du silence de la lune faisant écho à l’absurdité du monde.

Je souris vaguement en l’imaginant errer toutes les nuits, traîner ses chaussures élimés sur le trottoir, égrener derrière lui des carnets remplis de mots durs et doux à la fois, allumer une cigarette, puis trois, puis huit, se remplir la gorge de fumée pour tenter de faire écran au reste — la solitude.

J’aime être seul. Je crois que lui aussi. C’est juste que parfois, les mots prennent beaucoup trop de place dans ma tête. Ils s’entassent, se chevauchent, s’écrasent, menacent de m’exploser le crâne. Alors il faut que je parle à quelqu’un. Il faut que je trouve un regard dans la foule, quelqu’un pour m’écouter et me dire que je ne suis pas tout seul, à ressentir tout ça.

Ce soir c’est lui.
Et quand il me propose d’aller boire l’apéro chez lui, c’est tout un poids qu’il soulage dans mon estomac. La promesse d’avoir encore une personne à qui parler pendant quelques heures, même si c’est pour dire des choses tellement futiles qu’on les ignore d’habitude.

« Pourquoi pas », je murmure.

Je sens ses pas ralentir soudain, son corps se décrisper un peu, comme lorsque l’on arrive dans un lieu familier, comme lorsqu’on le voit, enfin, notre abri se profiler devant nos pas. Je regarde autour de nous, conscient que sa maison est sans doute ici, mais je ne vois rien d’autre qu’un parking vide et une maison sur roulette au milieu.

Est-ce que c’est là qu’il… ?

Tu t’arrêtes net. À la fenêtre du véhicule vient d’apparaître un animal, oreilles dressés, l’oeil aux aguets. Il a reconnu son maître, et toi tu te crispes.

Tu détestes les chiens depuis qu’à treize, l’énorme berger allemand d’un voisin t’a sauté dessus pour une raison obscure et t’a mordu le mollet. Tu as encore la trace de ses dents sur ta peau, et croiser un chien semble faire se réveiller cette vieille douleur.

Mais cette fois, c’est différent. Car à bien y regarder, l’animal n’est pas un chien. Tu écarquilles les yeux, un peu incrédule.

« C’est… un loup ? Tu as un loup ? C’est autorisé, ça ? »

Tu es conscient que tu poses bien trop de questions. Mais c’est la première fois que tu en vois un… Qui plus est dans une sorte de roulotte.
Lentement tu t’approches. Tu as l’impression d’être un enfant soudain, hésitant entre la peur que suscites chez toi l’animal et la fascination de le voir s’agiter à l’approche de son maître, visiblement très peu menaçant.

« Comment as-tu fait pour l’adopter ? », je souffle.

Je n’ose pas vraiment m’approcher, ni entrer dans la roulotte. Cette nuit est en train de prendre une tournure irréaliste.




« S’il pouvait faire du soleil cette nuit. » - A. BRETON

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Je suis arrivé à Zagreb le : 03/11/2014 J'ai posté un total de : 413 kunas en banque. On me dit que : Jack O'Connell Je crédite : Bazzart et moi meme donc j'ai : 24 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : il est parti en éxil avec : le monde


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MessageSujet: Re: i n s o m n i e - erèbe et ethel    Sam 7 Juil - 22:11


i n n o c e n c e
Ethel & Erèbe

« ““La lune est le rêve du soleil.”” » Inconnu
Il c'est figé dans une tension, comme si la musique de sa nuit s'était soudain étirée en un long glissendo dramatique, et que, les cordes affolées s'étaient mises a crier a l'unisson une longue note tendue et glaciale. Ses yeux étaient bloqué sur Lupin qui s'était mis a gratter a la fenêtre, pour sortir, pour me rejoindre.

« C’est… un loup ? Tu as un loup ? C’est autorisé, ça ? »

Je sourit tendrement. Il arrive parfois qu'entre vieux emerveillés et jeunette incrédule, il y ait dans mes rencontre ces gens pleins de peurs, cette peur primale des yeux prédateurs de Lupin. Il a peur des chiens, des loups, des ombres des rues qui veulent l'avaler. Il a peur de la nuit, peut-être du jour, est-ce qu'il a peur de son ombre, parce qu'elle le suit ?
Il est dans l'ombre, pale, érratique, errant dans les velours de ses illusions, des ses chaines et de ses anathémes, serrer au profond de ses fumées de chrysanthéme qui brule au fond de ses yeux térrifiés.
C’est Lupin. Te fais pas de bile mon grand, il a jamais bouffé personne sans mon autorisation.” Je ponctue d’un rire mystérieux, laissant cette phrase entre humour mal placé et sous entendus térrifiant. Il s’approche, il hésite, derrière, Lupin s’éxcite, il m’entends, me voit , me sent et il sent l’odeur et la peur de mon morceau de nuit, ramassé comme ça, au coin de la Sava.
« Comment as-tu fait pour l’adopter ? » Ah ça… “C’est une longue histoire”. Une longue histoire, je me plait a penser qu’elle est belle, cette histoire, triste un peu, mais belle, et je me plais à la raconter. “J’propose qu’on rentre pour que je te raconte ça, le temps que je te présente à Lupin, calme toi, tu risque vraiment rien, et a être tendu comme ça tu va juste le surexcité
J’ouvre la porte et le loup jaillit, son poil sombre prenant des reflet d’argent dans la lumière tranchante de la nuit, repris en echos de radiances saphir de ses yeux. Il tourne, il sent l’autre, il roule des mécanique, il prend sa place, ses oreilles sont dressée et sa truffe aiguisée ne manque rien.

Le jeune homme n’est qu’une tension et je m’approche de lui pour le rassurer. Je pose ma main sur son épaule. “Fais moi confiance.” J’attrape délicatement son avant bras pour presenter ses grandes mains au loup, qui le renifle, dardant son regard d’éclair dans celui du brun. Et puis la grosse langue trempé de Lupin vint consciencieusement tartiné sa bave sur les doigts de mon inconnu. “Tu t’appelle comment?” J’entre à l’intérieur, l’intimant de me suivre d’un geste de la main.

J’allume la lumière et le caisson de basse, emplissant l’air épais de la nuit d’une techno minimal chill. Je mets le feu a un bâton d’encens, les yeux suivant les géométrie compliquées des fumées dans les lumières polychromes et psychédéliques de mon antre.

(c) DΛNDELION



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