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ϟ Absynthe Cinabre (Leonardo Dicaprio) La tête dans le sable, les pieds dans les nuages
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 ϟ Absynthe Cinabre (Leonardo Dicaprio) La tête dans le sable, les pieds dans les nuages


Je suis arrivé à Zagreb le : 10/03/2014 J'ai posté un total de : 839 kunas en banque. On me dit que : Leonardo Dicaprio Je crédite : moi donc j'ai : 25 à : domicile La classe hein ! Côté cœur je suis : libre et prisonnier. Me, myself and i : "Tout enfant est ainsi confondu la première fois qu'on le traite arbitrairement. S'il vient à vous, il estime avoir droit, par-dessus tout, à la justice. Si vous vous montrez injuste envers lui, il ne cessera pas de vous aimer mais il ne sera plus jamais le même. Nul n'oublie la première injustice" J.M Barrie



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MessageSujet: ϟ Absynthe Cinabre (Leonardo Dicaprio) La tête dans le sable, les pieds dans les nuages   Mer 18 Juil - 19:56


Absynthe Cinabre
✱ Quand on grandit, on désapprend à voler.
-Pourquoi désapprend-on ?"




Passes ta souris sur la dernière image !


Que pensez vous de Mila Nola ? Et Goran Horvat ? J'pense que Mila c'est une survivaliste, elle fait des trucs extrèmes comme sortir avec un mec alors qu'elle aime pas les mecs, coucher avec lui alors qu'elle aime pas coucher avec les hommes, et la lui mettre à l'envers tout ca pour pouvoir tourner son documentaire... Je l'admire, elle recule devant rien, et le débat avait besoin d'être ouvert. Quand à Goran Horvat... Les fois ou il a pris la parole il a débité beaucoup d'horreurs. Puis bon c'est un flic, j'aime pas les flics, les flics cassent du pd et moi j'suis pd, hein, voilà.
Quelle est votre position sur la cause LGTB+ ? Je suis gay. Je suis engagé. C'est pas plus compliqué que ça. J'ai participé à la Pride il y a trois ans, et je compte encore y aller cette année.
pourquoi êtes-vous à zagreb et comment êtes-vous arrivés là ? C'est une looooongue histoire ! Pour faire court, je suis déjà venu il y a trois ans, et je suis revenu pour l'enterrement d'un ami. J'ai décidé de rester, ma famille ayant eu la bonne idée de faire elle aussi le déplacement.
dans quel groupe souhaiteriez vous être et pourquoi ? Militant, parce que tu veux péter des gueules. Et puis aussi parce que tu serais bien incapable de ne pas monter sur tes petits poneys et tes grands chevaux devant un homophobe con et pas encore vaincu en train de faire ce qu'il fait le mieux, à savoir s'essuyer savamment les pieds et toutes les parties crasseuses de son anatomie sur un de ses compatriotes en prenant pour prétexte ses orientations sexuelles. Ça te met hors de toi, tu peux pas passer outre. Est-ce que c'est parce que tu es gay? Peut être, peut être pas, tu te poses pas tant de questions.  
quel est votre avis sur les différents groupes (militant, neutre, ignorant, opposant) ? Les neutres sont hétéros non ? Ou alors ils sont trop craintifs. Tu les trouve lâches. Tu comprends pas qu'on puisse être ignorant, ca ca te dépasse. Les opposants, c'est tes préférés : tu ne perds pas une occasion de les provoquer dès que tu en as l'occasion. La liberté individuelle, pour toi c'est une valeur qui compte et que tu défends.
A Zagreb, 9 habitants sur 10 se déclarent catholiques. Quelle est donc votre confession ? En avez vous une? Quel est votre point de vue sur la religion? T'es pas religieux. L'homme qui t'a élevé t'as fait étudier les différentes religions, mais t'adhères pas au culte, t'as appris à tes dépends que croire aveuglement sans savoir c'était pas toujours une bonne idée.


Informations générales


Nom Cinabre Prénom Absynthe Date de naissance 4 mars 1993Age 25 ans Nationalité Française Origines T'es un petit occidental à la peau pas bien épaisse et aux yeux clairs. Tu es né à la nouvelle Orléans. Tu  vis dans le Sud de la France durant tes premières années, jusqu'à tes 16 ans. Passé l'âge fatidique, tu n'auras de cesse dès lors d'effectuer des allers-retours entre l'ancien et le nouveau continent entre chacun de tes voyages.Orientation sexuelle Gay Statut Tu ne te mets pas d'étiquette, tu es libre Métier ou études Tu t'es fais connaître en peignant des séries de toiles qui ont connu un franc succès et qui t'ont permis de gagner de l'argent. Tu as travaillé pour une galerie d'art, avant de racheter celle-ci (A New-York). Au cours de tes voyages tu as pu en aquerir de nouvelles. Tu produis toujours des toiles, mais moins. Tu as fait tes études par voie postale essentiellement. Tu es graphiste pour des sites de vente sur internet. Tu touches de temps en temps de l'argent quand une toile que tu exposes est vendue. Tu gagnes confortablement ta vie.Zone du travail Tu travailles depuis ton ordinateur portable, parfois directement au contact, quand tu trouves un peintre talentueux à qui tu proposes de diffuser ses oeuvres. Quartier de résidence Pour le moment tu loges dans une chambre du Manoir aux roses, à Mirojov. Statut financier Tu te débrouilles.

Caractère & Particularités

« J'voudrais que tu la fermes, j'voudrais te dire meurs maintenant, j'voudrais te dire surtout te reproduis pas, n'ai jamais d'enfants, j'voudrais te dire pends toi, j'voudrais te dire on s'en fous, j'voudrais te dire lave toi les dents, j'voudrais te dire remplis toi la bouche de cailloux.
"Tu trouves pas que c'est suffisamment sale et bruyant ici ? FAUT FORCÉMENT QU'IL Y AI UN CONNARD QUI SE SENTE OBLIGÉ DE L'OUVRIR ! Toujours. Va Picoler, va te piquer, va tirer un coup, ce que tu veux, juste, ferme-là. Vois ca comme un service rendu sinon à l'humanité, à moi et sois sûr que je t'en serais reconnaissant aussitôt que tu auras cessé de polluer l'atmosphère." »
"Si ca te plaît pas, je t'emmerde, si ca te plaît je m'en tape et si tu t'en balances je te cogne."
A travers le monde, les français ont mauvaise presse. Ils sont discourtois, voir vulgaires. Se sont des débauchés, des malpolis, des rustres. Charmeurs pourtant. Les clichés n'existent que parce qu'ils sont fondés sur des vérités inaltérables. Il incarne ce préjugé, sans s'en rendre compte. Il taille sa morale aux matins qui se suivent, il l'enfile en imperméable, il la jette la nuit venue.

C'est ce qu'on appelle communément et pour parler en langage courant, un con. Non pas un imbécile, mais bel et bien un emmerdeur, une grande gueule, un irresponsable, et j'en passe. La liste est longue.




Ft Leonardo Dicaprio

Pseudo Ailesnoires Age 25 Comment es-tu arrivé ici ? J'ai vu de la lumière et je suis entré =D Y'a trois ans. Ton avis sur le forum ? Il avance lentement depuis son ouverture. C'est un plaisir de le voir se remplir et de découvrir les rps des membres   . Veux-tu voir la "partie câline" ? Bien sûr qu'elle question  :zad:

"-Parce qu'on n'est plus assez joyeux, innocent et sans cœur. Seuls les sans-cœur joyeux et innocents savent voler.▲ J.M. Barrie"


"J'aimerais qu'on s'en aille, s'enfouir au plus profond des bras de la terre, entre les doigts des arbres immenses. Mais on ne pars pas, sinon la route serait morte, si on partait, qu'on claquait juste la porte. Alors je t'aime ce soir aussi fort que je veux t'aimer tout les prochains soirs, comme si ce premier soir était le dernier de mes soirs, comme si la moire de ton corps était le doux baiser de ma mort. J'aimerais être assez grand pour te porter sur mon dos. Il n'y a pas de serpents dans le ciel."
E.G.



Dernière édition par Absynthe Cinabre le Mer 25 Juil - 17:25, édité 3 fois
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Je suis arrivé à Zagreb le : 10/03/2014 J'ai posté un total de : 839 kunas en banque. On me dit que : Leonardo Dicaprio Je crédite : moi donc j'ai : 25 à : domicile La classe hein ! Côté cœur je suis : libre et prisonnier. Me, myself and i : "Tout enfant est ainsi confondu la première fois qu'on le traite arbitrairement. S'il vient à vous, il estime avoir droit, par-dessus tout, à la justice. Si vous vous montrez injuste envers lui, il ne cessera pas de vous aimer mais il ne sera plus jamais le même. Nul n'oublie la première injustice" J.M Barrie



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MessageSujet: Re: ϟ Absynthe Cinabre (Leonardo Dicaprio) La tête dans le sable, les pieds dans les nuages   Mer 18 Juil - 19:57


Candide
*Je suis la jeunesse, je suis la joie, répondit Peter tout à trac, je suis un petit oiseau sorti de l’œuf.▲ J.M. Barrie*


Absynthe à 10 ans. Il sait lire, compter jusqu’à trois cent quarante deux (mais il peut compter plus loin, seulement c'est vraiment long). Comme tout les matins, le réveil sonne beaucoup trop fort et trop longtemps. Il sort du lit les yeux fermés. Son estomac gargouille, et il passe dans la pièce attenante. Elle fait 20 mètre carrés, mais elle semble bien plus grande : les seuls meubles ici, sont une table, et deux chaises qui occupent le centre.

Et sur cette table, il y a la boite.
Il l'ouvre.

Stupeur. Son ventre crie famine, et il désespère en silence.
Aujourd’hui, elle contient des pièces de puzzles. Elles sont minuscules et toutes légèrement courbes. Il y en a beaucoup, et une majorité est bleue. Un soupir de lassitude mêlé de tristesse résonne, puisque il porte le deuil de son petit déjeuner et surement de son repas de midi. Il a vraiment faim. Alors autant s’y coller. Il soupire beaucoup. Il y a trop de pièces pour qu’il les compte. Il est sûr qu’il y en a des milliers. Il fouille les pièces les unes après les autres. Certaines sont colorées, vertes, marrons, blanc… Il met au moins vingt minutes à se rendre compte qu’il cherche des bords pour rien, qu’aucune pièce n’en a. Il met vingt minutes de plus à vérifier. Il ne sait pas par quoi commencer. Il regarde les confettis. Ils dansent sous ses yeux, se mélangent. Il en attrape une poignée pour les regarder de près. Il y a des mots sur certaines, écrits en tout petit. Un petit nombre sont noires. Il décide de les trier par couleur et de mettre toutes celles avec des inscriptions ensemble. Il les trie, et il se perd dans cet énorme tas de pièces. L’assiette qui apparaît près de lui le récompense de l’effort, et il mange sans rechigner. Il reste pourtant là. Il veut terminer maintenant.  Il ne sort de cet étrange jeu que bien plus tard. Il a réussi à emboîter des pièces bleues. Il a trié de nouveau pour former des tas distincts grâce aux nuances, et il a fabriqué de petites coupoles. Ca fait un moment qu’il a compris maintenant de quoi il s’agissait. Les pièces qui forment les pays vont lui donner du fil à retordre. Il se fie à ses lectures pour construire la France, une partie de l’Europe, puis vient un très long travail pour essayer les pièces une à une. Il continue, méticuleux. C’est en fin d’après midi qu’il  s'arrête. Il en a assez. La lumière diffusée par les ampoules est devenue orange, il sait qu’il est tard. Il n’a rien fait d’autre de la journée, il a de construit de nombreuses coupoles et des bandes courbes; assemblé beaucoup de pièces deux par deux mais les pièces encore seules sont toujours aussi nombreuses, il n’en voit pas le bout. Tant qu’il n’a pas résolu la boite, il n’a le droit de rien faire d’autre. Pourtant, il s’est arrêté. Il décide d’accepter d’être puni, et d'arrêter quand même. Il se lève, passe la tête par l'entrebâillement de la pièce. L’autre lit un journal. Il relève les yeux. “Tu as fini ?” “...Non, mais...” “Alors retourne-y” L’enfant se décourage et retourne dans la pièce.

Il s’allonge et attend la sonnerie. Elle marque la fin de la journée, et lui permet de regagner sa chambre. Les jours défilent, les coupoles s’assemblent, il a de plus en plus faim. Les repas sont trop espacés et les assiettes de plus en plus vides. Ca avance, mais il s’impatiente. Ils ont eux des mots, il a crié, il a été puni. Maintenant, il voit que ca doit former une sphère, et il sait qu’il s’agit d’une représentation de la Terre. Il passe de longues heures a terminer et finit par se reprendre au jeu quand le globe prend enfin véritablement forme. Cela devient facile. La méthode est lente mais efficace et finalement, il place la dernière pièce. Il quitte l’endroit, passe la tête par la porte. “J’ai fini.” Il est tellement content qu’il saute dans tout les sens. Ce globe sert le soir même. L’autre lui raconte l’histoire du système solaire. Il lui présente un mobile. La Terre est petite et Absynthe est heureux de ne pas avoir eu un puzzle de Vénus dans la boîte. L’histoire commence par une explosion. Elle est longue, puisque la planète est très vieille. Il s’endort bien avant d’avoir entendu parler d’autre chose que de volcans, de méduses et de terribles catastrophes climatiques. Dans son rêve, il est tout petit, et il se promène sur le globe puzzle. Un immense main gantée le pointe du doigt. Elle veut qu’il fabrique le soleil. Il refuse, puisque le soleil est beaucoup plus gros que la terre. Le doigt immense le pousse, il tombe sur les pièces bleues. Quelque chose heurte le haut de son crâne, puis sa main. Une foule de pièces jaunes, encore plus minuscules que celles qui composent le globe lui tombe dessus sans arrêt. Il court pour s’échapper mais jamais les pièces ne cessent de tomber, il a de plus en plus de mal a avancer. Il se réveille en sursaut bien avant que la sonnerie n’ai retenti.

Il serait bien incapable de dire comment ça a commencé, ni ou. L’autre lui a dit qu’il était son père. Absynthe n'a jamais côtoyé d'autre père, il n'a pas de raison de mettre sa parole en doute. Il ne se rappelle aucun autre visage avant le sien. Il a l'impression d'avoir eu des parents, mais quand il se concentre pour les voir, il ne discerne rien de plus que deux silhouettes sans visage. Il a peu de souvenirs de lorsque il était tout petit. Des sons, des voix, des images, rien de bien précis. Il a posé des questions, il n’a pas eu de réponses. L’autre n’est pas vraiment son ami.


Le matin, la boîte, le déjeuner, l’étude. Il n’y a jamais eu que cela. La boîte est importante : elle contient une épreuve, qu’il faut résoudre pour pouvoir manger. Des fois il n’a pas faim alors elle reste fermée, il va dessiner, ou peindre, ou s’imaginer qu’il est un sioux. Une voix basse et tranquille lui explique ce qu’il doit faire et comment, dès que le réveil sonne. S’il ne le fait pas assez vite ou pas correctement, il est sanctionné. Parfois cela laisse des marques. La voix le tranquillise, les mains lui font peur. Il n’a affaire qu’à une personne. Une seule personne, des pièces sans portes, sauf une, fermée à clé. C’est la seule issue. Il n’a pas le droit de sortir. Il est contagieux, il porte un virus en lui. C’est pour cela que l’autre a des gants. S’il sort, il pourrait tuer beaucoup de gens. Bon ce n’est pas vrai. L’autre ne répond pas aux questions. Si Absynthe se met en colère ou crie, il est puni. Il a frappé l’autre deux fois. L’autre n’a rien senti, mais il l’a frappé en retour et il a eu si mal qu’il a crié et pleuré. Il s’est juré de ne plus recommencer. L’autre ne crie jamais, dès fois, il est gentil. Les jours défilent, suivant le même rythme inlassable.

13 ans, première fugue.
[justify]Le Bus s'éloigne en direction de la ville voisine. Absynthe regarde le paysage, sans le voir. Il se voit franchir la porte du bureau, et chercher dans les papiers. Il voulait simplement découvrir quelque chose sur sa mère, puisqu'il n'en parlait jamais. Il a découvert bien autre chose. Il a découvert le mensonge. Il n'est pas son père. Il l'a toujours soupçonné, il l'a toujours su, au fond de lui même.

Il a découvert des photos, toute une pile. Il a vu le visage de ses parents, il a retracé l’histoire d’un kidnapping, il a lu les notes. Il est né à Marseille. La photo qu'il trouve met des visages sur les silhouettes qui n'en avaient pas. Il apprend en lisant, et retient l'adresse, et son nom de famille. Rossignol. Il frissonne de la tête aux pieds sans pouvoir s'en empêcher, et sans discontinuer. Des sueurs froides et chaudes le prennent. La trouille. Il voulait juste entrer là, regarder un peu et replacer la clé. Si l’autre découvre qu’il sait… La peur le prend aux tripes si fort qu’il a envie de vomir.

Il a paniqué, il a essayé d’ouvrir l’autre porte, il a compris en collant son oreille contre le penne que c’était la porte d’entrée. Il a retourné tout les tiroirs, et il a trouvé des clés.  Dehors, ça grouille de monde, comme dans une fourmilière, il se fait bousculer, entraîner, happer, traverse la route, fait freiner une voiture in extremis. Il déambule dans cette jungle improbable, inconscient du danger, les yeux grands ouverts, et il ne peux les ouvrir assez grand, il ne peut pas tout voir, pas tout saisir, il respire vite, trop vite, la peur le quitte, il découvre tout un univers au delà des murs de la maison qu'il n'avait jusqu'alors jamais quittée. Chaque visage l’attire, il s’arrête pour regarder les publicités, les abri bus, les maisons, pile net quand un pigeon s’invite sur le trottoir d’en face. Il se perd dans la ville et il finit par s’assoir, aux abords d’une place a coté d’un homme sans chaussures.

Pourtant, le tour de manège prend fin. Il vient le chercher. Absynthe court aussi vite qu’il le peut, mais c’est peine perdue. Il l’attrape au vol quand il passe l’angle de la rue. “C’EST PAS MON PERE ! POSEZ MOI POSEZ MOIIII !”  Il lui plaque un tissu sur le nez, il a du mal a respirer, il se débat et la main gantée plaque plus fermement le mouchoir, il s’endort. Il se réveillera en prison. Sa maison n'est pas une maison, il a collé son nez contre d'innombrables fenêtres. Son sous-terrain est sa prison, maintenant, il le sait.

16 ans, deuxième fugue, Paris.

Il a saisi un couteau de cuisine. “donne la clé !” “Pose ce couteau tout de suite, Absynthe.” “NON !” Le Loup a marché sur lui. Et Absynthe a frappé. Le couteau a rencontré la main de son tortionnaire, ils ont hurlé tout les deux, lui de terreur, son bourreau de douleur, le couteau planté dans la paume, et le jeune homme lui a abattu un vase sur la tête. Il prend la clé à l’homme inanimé, ouvre, et referme. Il verrouille la porte, et jette la clé dans le caniveau. L’oiseau s'est envolé.

Je tourne en rond dans une cage intangible. Son visage se colle sur celui des passants. Le Loup rôde dans le noir, là ou mes pensées s'étiolent, il sème mes nuits de cauchemars. L'angoisse m'empêche de voir le ciel, de ressentir le vent, de gouter au bonheur simple et constamment renouvelé d'être vivant, d'être dehors, enfin. La rage de vivre c'est emparée de mon être, et je courre pour dépenser cette énergie vermeille. C'est le sang français, le sang des Cinabre. On ne choisit pas de venir au monde. On naît. Je suis né contre mon gré, puisque je ne saurais donner ma permission quand les choses se font dans mon dos. Je n'ai pas choisi ma vie. Je n'ai rien voulu avant aujourd'hui. Je veux le monde, je veux profiter de tout ce qui pourrait m'apporter satisfaction. D'une façon ou d'une autre. Pour le reste -douleur, peine, afflictions et autres, je laisse ca au autres. Et je fais payer ma détresse à coup de pieds au cul. Je ne suis pas sur cette terre par choix, mais j'y suis tout de même. Il faut que quelqu'un paie. Je hais qu'on me force la main. Je ne peux reporter la faute sur un dieu qui n'existe pas. Alors la faute incombe aux autres. Tout ceux qui ne sont pas moi.

Il avait embarqué sur le bateau de croisière en tant que touriste. Il s'était fait passer pour un étudiant en art. C'est Elijah qui l'avait aidé, pour les papiers. Les nuits, très nombreuses qu'il avait passé sur l'ordinateur depuis que l'autre lui avait fourni internet avaient au moins servi à quelque chose. Il avait appris ou il vivait. Il savait qu'il habitait la Nouvelle Orléans sans rien en connaitre depuis de nombreuses années. Sa solitude allait prendre fin : il c'était fait un ami. L'argent qu'il avait volé dans le bureau suffisait pour aller là ou il le désirait, et il avait reçu une carte d'identité et un passeport Français. Il disposait d'un visa étudiant fictif, et tout se déroula parfaitement bien lors de l'embarcation. Il lui fallait maintenant se rendre en Louisiane, et sonner à la porte de cette famille inconnue.

<...>

Six mois plus tard, Londres.

Je vivote. Les nuits serré contre des corps de sdf, les poux, la faim. La peinture qui me permet de subsister. Et d’exister. Je me raréfie. Les couleurs n'ont jamais été si éclatantes. La nourriture si rare. L'eau si enivrante. J’appartiens au monde, et je suis heureux de sentir le vent chaque fois qu’il souffle, et de subir la pluie. Mon corps réclame tout ce que je ne lui donne plus. Je marche en insatiable, et je m'arrête sur les grandes places, je pose ma boite de couleurs. Elles s’écrasent sur le bitume, elles recouvrent le goudron, et j’imagine des visages, des scènes, les dessins sont de plus en plus grands. Parfois, il pleut. Je reste sous la pluie pour regarder l’eau dessiner à son tour, et la couleur jaillir et ruisseler sur le sol, l’image se dissoudre et le goudron reprendre sa place. Parfois des gens s'arrêtent, discutent, parfois, une pièce tinte dans la boîte de métal ou je range mes craies. Les pièces me permettent de racheter des craies, de m’offrir un sandwich de temps en temps. La vie me réussit peu mais je ne l’ai jamais aimée si fort. L’essentiel est de s’éloigner toujours plus, changer de ville. Avancer, plus loin, les yeux grands ouverts, à l'affût. Je survis.

22 ans, Londres
Nous nous croisons souvent. Il avance voûté sur sa canne blanche, il marche avec lenteur, s’assied sur un banc. Il déballe deux sandwichs, il en mange un et donne le second aux pigeons. Il vient souvent près de moi pour me regarder dessiner. Il est assez vieux pour que je ne puisse pas savoir à quel point. Sa peau est une écorce d’arbre, ses yeux sont petits au milieu de ses rides. Il a cent ans. Le vieux Willy -puisqu'il s’appelle de cette façon, le vieux Willy est un vétéran. Il a l'intransigeance de la vieillesse, et une défiance toute particulière envers les allemands, mais cela semble tout à fait compréhensible quand on sait par quoi il est passé. Le vieux Willy tient aux traditions, il est d'une ponctualité merveilleuse pour le thé, et ne peut cautionner que ce que la morale admet, ou ce que la survie exige. Alors il n’a pas crié quand j’ai pris le morceau de sandwich qu’il avait offert aux pigeons. Il s’est levé, et il m’a donné le sien.

C'est un homme de bien, qui s'y connait autant en plantes qu'en hommes. Il est sage, et cela n'est pas dû à son âge, non, il l'était déjà, je pense, depuis le tout début. Il a le parler franc - il est très bavard, et le coeur sur la main. Il est très croyant, et prie, chaque jour que son Dieu lui accorde. Willy n'est pas mourant, il est même en bonne santé, malgré un dos qui le fait parfois souffrir. Il a vécu la grande guerre. Il y a perdu l'intégralité de sa famille. Il a été déporté en camps de concentration quand il avait une vingtaine d'années parce qu'il est juif, et a été libéré par les français. Il a été ramené au pays des libérateurs, et a croisé la route d’une famille de britanniques qui l’ont embauché en tant que jardinier, et de ce jour là, il n'est jamais parti. Il me parle souvent de Louis. Si souvent que j’ai eu la saisissante impression de déjà le connaître lorsque je me suis glissé dans l’amphithéâtre et je me suis assis dans un coin, silencieux. Le cours portait sur le hors champs. C’était suffisamment intéressant pour que je revienne, le lendemain. Cette fois, il m’a fait signe. “Faites vous partie des élèves inscrits à la Fac ?” J’ai eu envie de m’enfuir. “Non, Monsieur. Je n’ai pas de quoi en payer l’admission.” “Que pensez vous de l’utilisation du son dans le dernier extrait que j’ai passé hier ?” Je pensais qu’il allait me chasser. J’ai répondu, il a sourit. “Venez me voir à la fin de ce cours, nous tâcherons de régulariser votre situation”  Il m’a dit d’aller m'asseoir, comme je restais immobile. Je me suis assis.

Sept mois plus tard, même endroit
Il s’éveille dans sa chambre, s’étire, et sourit en la voyant étendue près de lui. Il ignore absolument comment son hôte réagira en la découvrant à sa table pour le petit déjeuner. Pour l’instant, il déambule, nu. La frénésie guide ses pas.
Il prend le carton qui contient les tubes de couleur, au milieu du fatras sur le plan de travail, esquive la bibliothèque, manque faire tomber une pile de livres en trébuchant sur une pile de linge, se rétablit et pose son précieux fardeau sur le bord du lit. Il soulève lentement la chaise de devant le bureau, l’achemine à pas de chats pour la positionner au milieu de la pièce, s’assoit, se relève, la déplace d’une quart de tour vers la droite, se rassied. Il tend les bras devant lui, le dos droit, le regard fixe, et écarte les mains  pour créer un cadre, définir une fenêtre. Il va chercher une toile. Il y en a de toutes sortes, appuyées contre une armoire massive en bois brun. Il retire la toile inachevée sur le chevalet, soulève celui ci et l’emmène. Il déplie le rouleau de pinceau sur le draps, puis règle le chevalet, tout ceci dans le plus complet silence. Sa respiration raréfiée, il entend le souffle régulier de la dormeuse. Son regard erre, il attend que l’aube pointe.

Absynthe caresse le draps blanc et les courbes de son modèle du regard, il a l’oeil comme une mine qui dévale, il court, capture les clairs obscurs, identifie une silhouette en apprivoisant les formes, en suggérant les ombres,  dévoilant ainsi les reliefs qui recouvriront bientôt le tissu, lui donneront un volume, captureront au coeur de la couleur la lumière. Une femme au tracé marin, alanguie et nue, comme étendue sur la rive. Il la voit sirène, la lumière du petit matin fait à travers le rideau de flanelle comme au travers de la surface de l’eau, et la pluie dorée pare la chambre d’une atmosphère irréelle. Il est hors du temps et de l’espace, il est la main droite repliée contre un sein, il est au creux de la paume, là où la lumière lui meurt entre les doigts. Le draps devient liquide, c’est la mer qui la recouvre d’un manteau transparent, le regard perdu par delà l’horizon, il dessine au loin le voilier depuis lequel il l’observe.

J'ai les yeux trop clairs, du coup le soleil me fait mal. Je passe des heures à le fixer. Il finira bien par baisser les yeux. Je sais bien que non. Alors il doit le faire. C'est un adversaire qui me surpasse. Je hais le soleil. Et je l'adule. J'aime avoir peur, avoir mal, j'aime avoir, et je n'aime pas être dépossédé. Souvent, il m’invective, il me compare à un enfant. Égoïste et volage. Les dents trop blanches, l'air trop sage. Je provoque chez la plupart des gens une sorte d'attendrissement niais qui m’insupporte, et dont je profite sans vergogne. Mais pas chez Louis. Il dit que j’ai du feu dans les yeux et qu’il veut que j’apprenne à m’en servir au lieu d’exploser dans tous les sens et de ne produire que du bruit. Lui propose que nous fassions mieux que cela.

22 ans, même endroit
Hélène l'a quittée. Cette femme est une idiote ; il est vraiment malheureux. Pourtant, il refuse de lui courir après. Je ne l’ai jamais vue. Parfois, il reçoit une lettre d’elle, et il va s’enfermer dans son bureau pour la lire. C’est arrivé, mais il semble que se sera la dernière. Il dit que ce que nous faisons est très important. Je veux le croire de toute mon âme mais fallait il qu'il y sacrifie son mariage ? Louis est un ange, c'est ce que je crois. Grâce à lui, je passe ma licence des beaux arts à la fin de l'année, et j'organise un premier vernissage tout seul, cet été. Il m'a offert son amitié, son toit, son affection... Et tout ce qu'il pouvait. Et moi qu'est ce que je ne lui ai pas pris ?

La même année, même endroit -
Je me perd en papier. En murs. En paupières serrées sur le dedans tendu de noir, ma toile préférée. Là. Juste derrière, quand je ferme les yeux. En courbes a attraper entre deux battements de cils. Vite. Vite. Saisir les nuances. Toutes. Boire le monde au calice de mes envies. En vie. A capturer. J'ai le monde en orgie de couleur sous les yeux, et si peu de talent pour le saisir. Alors je m'entraîne. Je rature. Je recommence. Je suis opiniâtre. Avez vous déjà remarqué comme c'est beau, une arête de poisson ? A quel point c'est profilé ? Je ne fais plus que peindre, j’ai arrêté d’aller en cours, et cela dure trois mois. Les tableaux, innombrables, s'empilent sans souci d’en prendre soin. Enfin, cela s’arrête. Je ne dessine plus, je ne peins plus. J’ai l’âme vide, et je fais des cauchemars. La grande ombre est revenue. Il y a eu des coups de feu, il y a eu du sang. j'ai du partir, mes pas m'ont de nouveau conduit loin de ceux que j'aime, et je voyage, je voudrais boire toute cette nature, je voudrais avaler le monde pour enfin cesser d'être si creux.

Je sens son regard qui brûle ma nuque, constamment, ou que j’aille, quoi que je fasse. J’ai beau me retourner, il n’y a jamais que le vide qui me réponde. Pourtant, je ressens sa présence dans l’air qui me semble vicié, dans ces frissons qui me prennent du bas du dos jusqu’en haut de la nuque, dans la nuit quand je m’écarte des zones obscures pour rester à l’abri de la lumière des réverbères. Les vernissages s’enchaînent, les soirées, la débauche, l’alcool. Une grande ombre vient s’abattre sur nous. Son manteau de noirceur bientôt drapera une nuit sans fin devant nos yeux.

Absynthe est venu vivre à Zagreb, avec Louis et William. Il a vécu de nombreuses péripéties, avant de devoir fuir de nouveau. Il revient trois ans plus tard, pour assister à l'enterrement de William. Il apprends le décès de sa soeur dans la foulée et croise son ancien tuteur, qui a déposé un dossier peu après son départ pour le signaler en temps qu'individu dangereux et dérangé.


"J'aimerais qu'on s'en aille, s'enfouir au plus profond des bras de la terre, entre les doigts des arbres immenses. Mais on ne pars pas, sinon la route serait morte, si on partait, qu'on claquait juste la porte. Alors je t'aime ce soir aussi fort que je veux t'aimer tout les prochains soirs, comme si ce premier soir était le dernier de mes soirs, comme si la moire de ton corps était le doux baiser de ma mort. J'aimerais être assez grand pour te porter sur mon dos. Il n'y a pas de serpents dans le ciel."
E.G.



Dernière édition par Absynthe Cinabre le Ven 20 Juil - 20:29, édité 4 fois
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Je suis arrivé à Zagreb le : 13/06/2018 J'ai posté un total de : 91 kunas en banque. On me dit que : Andy Biersack. Je crédite : Blondienate (avatar), Ilyria (gif). donc j'ai : 27 ans. à : Trešnjevka. La classe hein ! Côté cœur je suis : Récemment en couple. avec : Julien. Me, myself and i :
En cours,
Gaelien 2
Leïla 1
Tobias 1
Terminés,
Gaelien 1



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MessageSujet: Re: ϟ Absynthe Cinabre (Leonardo Dicaprio) La tête dans le sable, les pieds dans les nuages   Mer 18 Juil - 22:46

Re bienvenue! Super choix d'avatar. **
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Je suis arrivé à Zagreb le : 10/03/2014 J'ai posté un total de : 839 kunas en banque. On me dit que : Leonardo Dicaprio Je crédite : moi donc j'ai : 25 à : domicile La classe hein ! Côté cœur je suis : libre et prisonnier. Me, myself and i : "Tout enfant est ainsi confondu la première fois qu'on le traite arbitrairement. S'il vient à vous, il estime avoir droit, par-dessus tout, à la justice. Si vous vous montrez injuste envers lui, il ne cessera pas de vous aimer mais il ne sera plus jamais le même. Nul n'oublie la première injustice" J.M Barrie



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MessageSujet: Re: ϟ Absynthe Cinabre (Leonardo Dicaprio) La tête dans le sable, les pieds dans les nuages   Ven 20 Juil - 20:26

Merci beau gosse ahan!


"J'aimerais qu'on s'en aille, s'enfouir au plus profond des bras de la terre, entre les doigts des arbres immenses. Mais on ne pars pas, sinon la route serait morte, si on partait, qu'on claquait juste la porte. Alors je t'aime ce soir aussi fort que je veux t'aimer tout les prochains soirs, comme si ce premier soir était le dernier de mes soirs, comme si la moire de ton corps était le doux baiser de ma mort. J'aimerais être assez grand pour te porter sur mon dos. Il n'y a pas de serpents dans le ciel."
E.G.

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Je suis arrivé à Zagreb le : 03/11/2014 J'ai posté un total de : 373 kunas en banque. On me dit que : Jack O'Connell Je crédite : Bazzart et moi meme donc j'ai : 24 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : il est parti en éxil avec : le monde


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MessageSujet: Re: ϟ Absynthe Cinabre (Leonardo Dicaprio) La tête dans le sable, les pieds dans les nuages   Ven 20 Juil - 20:48

HAN HAN HAN ENFIN MON BEBE EST LAAAAAAAAAAA
AOUUUUUU AOUUUUUUUUU              

o.o


Validé(e) !
✱ Rainbow Community ✱





Félicitations, tu es officiellement validé(e) ! Bienvenue dans la ville de Zagreb, nous espérons que tu te plaises parmi nous. N'hésites pas à checker ton profil pour voir si tu as tout rempli correctement, et nous te donnons quelques petits liens pour ne pas que tu te perdes sur le forum (ça serait dommage) : Tu peux vérifier si ton avatar et ton métier ont bien été recensés ici et ici ; pour le reste de la gérance de ton compte, tu peux retrouver tout ce qu'il te faut à cet endroit. Tu peux fabriquer ta fiche de liens et poster sur celles des autres par ici, et si tu as envie de te trouver un partenaire de RP, visiter les sujets des autres membres pour voir si quelqu'un est disponible.

De plus, le forum fonctionne sur un système de groupe d'intégrations ; chaque administrateur a son propre petit groupe à gérer, tous avec des noms de pâtisseries (pour vous donner faim). Tu fais donc partie du groupe des Cookies, qui est le groupe de Erèbe. Tu peux dès à présent venir discuter et délirer avec les autres membres du groupe sur le flood des COOKIES !

Nous te souhaitons une bonne aventure parmi nous !



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MessageSujet: Re: ϟ Absynthe Cinabre (Leonardo Dicaprio) La tête dans le sable, les pieds dans les nuages   

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 ϟ Absynthe Cinabre (Leonardo Dicaprio) La tête dans le sable, les pieds dans les nuages

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