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 Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule - Tobias


Je suis arrivé à Zagreb le : 11/06/2018 J'ai posté un total de : 66 kunas en banque. On me dit que : Max Riemelt Je crédite : Alexis (avatar) donc j'ai : 31 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : amoureux avec : Hyacinthe


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MessageSujet: Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule - Tobias   Ven 27 Juil - 9:29

En général, le meilleur moyen de trouver Tobias, c'est de suivre la musique. Oui, c'est carrément cliché. Et si t'es en train de t'imaginer un stéréotype d'école d'art, marchant pieds nus sur le goudron dégueulasse avec sa guitare à la main, quelque part t'as déjà trouvé Tobias. Alors d'habitude, quand je veux le voir, je me contente de traîner. Et la plupart du temps, je le trouve en train de gratter avec des gens qu'il vient à peine de rencontrer, et la plupart du temps ça m'amuse. Sauf que là, j'avais pas envie. J'avais pas envie de courir les rues à sa recherche. Je voulais juste lui parler et je voulais que ça soit simple. Enfin... aussi simple que ça puisse l'être... Alors je l'ai appelé en priant pour que pour une fois, il décroche. Et il a décroché. Ca faisait un moment qu'on s'était pas trop vus, et d'entendre sa voix m'a fait plus de bien que je n'aurais pu m'en douter. Je lui ai dit de me retrouver au choco café et il m'a promis d'être là. Espérons qu'il ne soit pas en retard... J'aurais pu lui proposer de me rejoindre dans un bar de Podsjleme, près de chez Louis chez qui je squatte depuis quelques jours. Mais j'avais pas envie qu'il se pose trop de questions d'un coup. Ca va déjà être assez dur...

J'arrive au choco café, et j'attends. J'appréhende un peu. Au travers de mon deuil je sens percer une émotion que je pensais avoir oubliée. Je suis un peu content. Je suis content de voir mon pote. Je crois même qu'on peut dire que c'est mon ami, et cette pensée me réconforte.

Je repense au collège. Tobias c'était ce môme un peu malingre, un peu petit. Un caractère d'une douceur infinie. Il était plutôt apprécié. Les gamins se confiaient facilement à lui. Moi non, parce que c'est pas mon genre de me confier... Mais je l'aimais bien. Il avait cette véritable gentillesse, et ce désintérêt si rare chez les enfants. Et il était rayonnant. Il dégageait une sorte de joie naturelle qui éclaboussait les autres. Moi, si gris et si terne, il m'arrivait d'aller boire à sa lumière pour me réchauffer. Oui, je l'aimais bien. Nous n'étions pas amis pour autant, et de toute façon je m'étais résigné à me contenter de liens factices avec des personnes qui me ressemblaient... Un jour où j'était assis seul sur les marches du collège, Tobias est venu s'asseoir avec moi. On commençait à discuter un peu, comme ça nous arrivait parfois quand une bande de merdeux ont commencé à l'emmerder. "Tapette !"... honnêtement, tout le monde savait bien que Tobias aimait les garçons. Mais il était assez rare qu'on l'embête avec ça. A peine, de temps en temps, un petit con lui lançait ce genre d'interpellation, mais Tobias s'en foutait. En général il les remballait bien salement et ça les calmait direct. Mais aujourd'hui ils étaient quatre, et ils s'avançaient vers lui. L'un deux lui a lancé son pied dans l'épaule, le faisant basculer. J'ai jamais aimé la déloyauté. Alors je me suis levé d'un bond et je leur ai refait le portrait. Et oui, j'étais aussi grand et charpenté que Tobias était mince et petit. Cet écart s'est énormément réduit avec l'âge ! Quoiqu'il en soit, cette altercation a marqué le commencement de notre amitié. Tobias est un peu devenu mon petit soleil. On a naturellement trouvé une sorte d'équilibre. Tantôt il jouait au foot avec moi, tantôt je l'écoutais jouer de la guitare...

Oui... Je suis content de le voir... J'espère qu'il aura sa guitare avec lui. Quand il arrive, avant même de me lancer un mot, je vois sa tête se décomposer en voyant la mienne. Il commence à me charier, comme il aime tant le faire. D'habitude, je fais le blasé, je sais que ça l'amuse. Mais aujourd'hui je le suis vraiment, je n'ai pas la moindre envie de rire. Il s'assoit et je prends quelques secondes pour constater cette grâce naturelle dont il ne s'est jamais départi. Je lui laisse quelques minutes pour se poser. On échange des nouvelles, on parle de la pluie et du beau temps. Puis je décide qu'il faut que je me lance.

"Ecoute, heu... Je dois te parler de quelque chose. Voilà... Hyacinthe est morte... Elle a été assassinée."


Dernière édition par Jouni Rasmussen le Lun 20 Aoû - 23:36, édité 1 fois
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Je suis arrivé à Zagreb le : 30/03/2018 J'ai posté un total de : 476 kunas en banque. On me dit que : Julien Doré Je crédite : Fae pour l'avatar. MORPHINE pour les images de ma signature et CRIMSON DAY pour le codage de ma signature. donc j'ai : 35 ans à : trešnjevka La classe hein ! Côté cœur je suis : célibataire Me, myself and i :





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MessageSujet: Re: Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule - Tobias   Ven 10 Aoû - 0:39

Je suis encore en retard. Parce que je suis un courant d’air, incapable d’arriver à l’heure à un endroit. Les choses sont trop intéressantes, le monde trop beau pour s’entacher à s’occuper des délais. Je n'aijamais été très doué, le fait que j'ai toujours été un très mauvais étudiant joue également. Comment rendre un dossier à temps quand on a l’âme telle que la mienne ? C’est sûrement pour cela que je n'ai jamais fait d’études, trop occuper à me concentre sur le monde. J'ai progressivement commencé à étudier la botanique, pris des cours en ligne et avec assez de courage j'ai réussi à monter mon commerce. Je le tient comme je l'entend, jonglant entre les coups un peu durs et les mois faciles. Je ne m'en plains pas, ma vie est parfaite, un aléa d’évènements agréables et d’autres moins.

Tandis que je traverse la rue pour rejoindre le bar, je me dis pourtant que mon meilleur ami va sûrement me maudire de ce retard. Je grimace, Jouni est quelqu’un qui me connait assez bien pour ne plus se formaliser de mon caractère. Parce que je suis un rêveur, incapable de me concentrer plus de deux minutes sur une conversation, les oreilles toujours en sourdines, le regard éloigné. Quand j'ai une guitare, un piano ou un instrument sous la main, il ne faut même pas espérer attirer mon attention, vous n’y gagneriez rien de bon. Je n'arrive pas tout à fait en trombe dans le Choco café, observant la belle serveuse, une brune avec des yeux fantastiques et une seconde je m’arrête pour l’observer. Une beauté douce, les traits fins, le regard brûlant, l’envie sûrement d’être ailleurs. Je luis souris, chaudement, sans arrières pensées, simplement parce que c’est plaisant de rencontrer une belle personne. Une seconde, j'aimerais m’arrêter et complimenter son regard. Les yeux sont la fenêtre de l’âme comme on dit…Je me ravise au dernier moment tandis qu’elle tourne furtivement vers le bar pour servir un couple impatient. Une rencontre aussi éphémère qu’inattendu et peut être que ce doux regard restera en mémoire d’un des protagonistes. Un jour, ou une vie.

Encore pris dans ma contemplation, j'arrive devant mon meilleur ami le sourire lointain, fixant la demoiselle des questions plein la tête. J'ai l'âme d’un artiste et aimerais la peindre, malheureusement pour moi,je ne suis pas bon dessinateur. « Salut, désolé pour le retard… » Après plusieurs secondes d’inattention, je pose encore mon regard sur mon ami, juste après m’être assit souplement.

« Assassinée tu dis ? Merde… » Je passe une main dans mes cheveux, tirant sur les boucles nerveusement. « Depuis combien de temps ? J’étais pas au courant, désolé. » Mon humeur s’estompe un peu, je deviens un peu fade sur le coup. Je ne m’attendais pas à une nouvelle pareille. Je tends alors lentement la main, frôlant celle de mon ami par compassion. J'imagine sa tristesse, je la ressent un petit peu pour être honnête. La belle serveuse arrive et je commande des verres d’un alcool fort pour nous consoler un peu. Après une nouvelle pareille, il faut au moins cela pour digérer la nouvelle.





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MessageSujet: Re: Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule - Tobias   Lun 20 Aoû - 23:55

Les yeux de Tobias papillonnent dans la direction de la serveuse. Ça me gonfle un peu... Et j'ai un peu envie de l'engueuler aussi. Mais je me retiens. Et quand sa main effleure la mienne, j'attrape instinctivement ses doigts. Je les serre probablement un peu trop fort... Mais à ce moment, j'en ai besoin. Je dois m'assurer qu'il est là. Il me regarde enfin avec des yeux compatissants, et le barrage saute d'un coup. Je laisse ma tête tomber sur mon bras libre pour cacher les larmes qui montent. Je me sens très con. Je pleure si souvent depuis douze jours, alors que je ne me rappelais même pas en être seulement capable il y a encore peu de temps. Je sens la main légère de Tobias se poser sur ma nuque. Au milieu de toute cette détresse qui m'assaille, une pointe de reconnaissance luit. Quelque part, je suis chanceux, car je ne suis pas seul. Tobias, lui, est encore là.

Lorsque je finis par arriver à me calmer assez, je me redresse. "Ca fait douze jours... Ne t'inquiète pas, tu ne pouvais pas savoir." Je me mords la lèvre inférieure en hochant la tête. Je fouille dans mes poches, à la recherche de mes cigarettes. J’en allume une et expire profondément la fumée. Je saisis mon verre que je lève. « A la tienne. » Je le vide d’un trait et en demande un autre. A nouveau, Tobias fait de grands sourires à la serveuse. Je suis partagé entre l’envie de le frapper et l’envie de rire. « T’es chiant, Tobias. » Je lâche, mi-figue, mi-raisin tandis que la jeune femme s’éloigne avec son plateau sous le bras.
Lui, me regarde, un grand sourire amusé et coupable étirant ses lèvres. On dirait un chiot. Je ricane. Lui aussi. Alors je rigole. Lui aussi. Rapidement, ça finit en fou rire. Ce mec est tellement hors-sujet ! Comment tu veux garder ton sérieux ?

« Mais je suis sérieux, t’es casse-couilles ! » Je crie presque, alors que le rire secoue encore mes épaules. « Bon… on va faire un tour ? » Je vide à nouveau le verre en une gorgée.


J. Rasmussen
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MessageSujet: Re: Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule - Tobias   Ven 24 Aoû - 21:46

Le temps s’écoule lentement, un regard tendre envers la serveuse. Un instant fugace, un petit peu d’elle comme il y à un petit peu de Jouni en moi. Je fixe ensuite mon ami, incapable de revenir immédiatement sur terre. Puisqu’il me faut toujours un moment pour percuter, comme si mon monde était branché sur un temporel différent. Et je sais que mon ami est agacé, car même en cet instant triste je suis incapable de réaliser. Pourtant progressivement cela vient, et en même temps que le sourire se pâre lentement sur mes lèvres, je sens des larmes dévalées mes joues en conquérantes. Un paradoxe assez impressionnant, je fixe mon ami avec l’amertume dans le cœur. Puisque je partage sa peine et que les frissons qui parcourent mes bras font échos aux larmes qu’il a dû verser depuis l’annonce de cette nouvelle.

Ou étais-je lorsqu’il a su ? Peut être dans les bras d’un homme, à en aimer un autre quand mon plus beau trésor en face de moi pleurait des torrents. Je le fixe dérouter, comme si je venais moi-même de perdre l’amour de ma vie. Hyacinthe est morte. La sensation froide qui m’étreint est à peine comblée par le liquide brûlant, dévalant lentement mon œsophage. La sensation n’est pas nouvelle juste impressionnante à avoir. Jouni est en face de moi et pourtant son regard semble distant. Puisque chaque relation nous perd un petit peu plus. Qu’on y laisse un bout de nous-même dans chaque étreinte, une offrande à l’être aimer. Un peu comme dans une amitié. Aimer c’est s’avoir s’abandonner, un acte si dur qu’il met parfois une vie à se réaliser. A-t-il laissé un bout de lui en Hyacinthe ? A-t-il laissé un bout de lui dans notre lien ?

« Désolé… » que je murmure entre nous, la musique ambiante couvrant presque mon aveu. Désolé d’être un ami si différent, si distant du monde. De ne pas avoir été là lorsque tu t’effondrais en larmes. Que la mort ait failli t’étreindre…Forte de sa proie elle t’a regarder t’apitoyer. Désolé de t’aimer. T’aimer toi mon ami qui a réussi à m’aimer moi comme un damné. Je soupire, passant une main sur mes joues pleines de perles salines, incapable de m’arrêter. Ce n’est pas bien grave, s’il faut que je pleure pour nous deux.
La serveuse repasse nous servir, elle-même surprise de ce changement d’ambiance. Peu importe, notre amour même fugace et platonique est mort désormais. Pourtant, malgré les larmes un fou rire nous prends à tous les deux. Un bout de vie parmi le noir, un bout de courage dans un ciel sans étoiles. Je rigole presque contre son épaule, amusé par moi-même. Amusé de nous et cette sensation si enivrante de lui. Comme une évidence, Jouni demeure au centre de mon univers. Parce qu’il est un repère, le seul à être capable de tirer un rire parmi les larmes.

J’observe son geste désespéré, boire pour goûter un peu de ce breuvage volcanique. Il y à comme un peu d’espoir dans ce geste, oublier peut-être ? Je souris, contrit en me levant pour obéir à son invitation à nous en aller. Il n’y a plus rien pour nous ici, que le passé d’un aveu trop dur à formuler. Que les débris d’une passion, d’un amour mort trop tôt. Avorté, une passion qui en laissera place à une autre, bien plus belle, plus forte peut être ?

« Allons-y oui. Allons marcher. »
J’avance, prenant sa main dans la mienne, comme un enfant le ferait. Un besoin de présence, j’ai toujours été tactile, surtout avec lui. Je n’ai pas le courage de parler d’elle, pas ainsi, pas ce soir. Pourtant il le faut, car mon ami en a certainement besoin. « Explique moi… » que je murmure encore, comme pour ne pas menacer ou troubler les étoiles. Le ciel est obscur ce soir et nous marchons près d’un square où seules les étoiles dévoilent un peu de lumière. L’air est frais, le temps gris, l’impression que même la mort se joue de nous en nous couvrant de son voile…





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MessageSujet: Re: Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule - Tobias   Lun 10 Sep - 15:21

« Allons-y oui. Allons marcher. » Il m'attrape la main. J'exerce une légère pression dessus. Je m'en fous de passer pour un homo, je la garde dans la mienne. Y a que Tobias qui m'ait jamais tenu la main de toute manière, alors rien à foutre, les gens peuvent dire ce qu'ils veulent. Tu crois que ma mère m'aurait pris dans ses bras pour me consoler ? Que ma sœur m'aurait enfin adressé un regard ? Que mon père m'aurait tenu par les épaules pour me dire qu'il est fier ? Tobias, il a fait ça chaque fois que j'en ai eu besoin. Fuck, le monde, tu peux bien brûler. Tant que mon ami est là.

Alors on marche dans l'air frais, moi cramponné à ses doigts comme à une bouée dans la tempête. «Explique moi… » Il l'a dit du bout des lèvres, peut-être à contre-coeur. Sa sensibilité ne lui permet pas d'encaisser facilement ce genre de récit. Je prends le temps de réfléchir. Que lui dire ? Pas tout, c'est sûr... Je peux pas tout lui dire. Je ne veux pas qu'il soit mêlé à ça. Déjà, parce qu'il ne tiendrait pas le coup. Ensuite, il risquerait de lui arriver malheur, et ça serait la goutte de trop. Alors je décide simplement de lui expliquer que Hyacinthe a été torturée, puis égorgée. Je lui dis que la police n'a pas encore retrouvé le coupable, me gardant bien de lui préciser que moi je sais qui l'a tuée. Je ne lui parle pas d'Absynthe, ni de Louis. Ce qu'il sait maintenant est déjà suffisant. Ses yeux sont gonflés d'horreur. Je me tais. J'ai fait le bon choix. L'entière vérité aurait été trop lourde pour lui. Et même si un jour il l'apprend, je sais qu'il ne m'en voudra pas. Je balaye d'un mouvement de main toute cette abomination pour passer à autre chose.



Une voix nous parvient. Une femme est en train de chanter dans la rue. C'est beau. On s'approche. Je suis ému. Ce chant est vraiment superbe. "C'est de Vivaldi." Me chuchote Tobias dans un sourire. Je hoche la tête, heureux de cette information. Demain, j'écouterai Vivaldi avec Louis, je me le promets. Cette perspective me met du baume au coeur. Je suis surpris de constater à quel point cette terrible situation m'apprend à me concentrer sur le présent. Je souffre moins quand je m'habite, que lorsque je laisse mes pensées m'emporter. Je ferme les yeux, appréciant la voix fluide et claire de la chanteuse. Les notes s'étirent, vacillent et s'enroulent. Je sentirais presque mon coeur s'accorder au rythme de la musique. Y a pas de doute, aujourd'hui mon ami a une grande influence sur moi. Cette pensée m'amuse. J'ouvre les yeux et croise le regard de la chanteuse. Elle doit voir mon air ému car elle me sourit brièvement avant de détourner les yeux. Je lui souris aussi mais elle ne me vois probablement plus. Lorsqu'elle se tait, Tobias et moi applaudissons comme des fous. Les gens nous regardent en riant. On s'esclaffe et on reprend notre marche. Quelques minutes de silence plus tard, je me tourne vers Tobias avec un grand sourire enthousiaste.

"Tu nous jouerais pas un petit quelque chose ??"


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MessageSujet: Re: Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule - Tobias   Dim 23 Sep - 17:56

Comment mettre des mots sur l’horreur ? Comment parler de l’inexplicable ? Tobias n’est pas prêt pour la vérité, car toute vérité n’est sans doute pas bonne à entendre. Parce que le monde est trop brutal, trop violent pour ses yeux candides. Parfois c’est une bonne chose de voir le monde avec ses yeux d’enfant, parfois c’est trop brutal et les choses finissent mal. Parce que personne n’est préparé à gérer le pire. Personne ne sait surmonter un deuil. Il n’y a pas d’école pour cela, il n’y a pas d’entrainement. Plonge les deux pieds joints et saute bien loin, proche de te fracasser sur les falaises. Parce que le deuil est quelque chose de difficile. Une douleur qui grandit, qui grossit et qui prend assez de place pour tout démonter. C’est diffus, comme une lame qui s’insère un peu plus, millimètre par millimètre dans les côtes. C’est une torture lente qui arrache quelques cris.

Evidemment, lorsqu’il sort avec son meilleur ami, ce côté tactile de sa personne ressort. Tobias a envie de plonger sous l’eau pour crier. Il se retient, avance encore et toujours avec son propre deuil à gérer. Il est trop empathique et la douleur de Jouni est en lui. Il a envie de lui arracher pour la garder contre lui, en bandoulière. Parce que le voir lui, pleurer, au bord de la mort est un sentiment aussi désastreux que gris. Il a envie de lui redonner le sourire, changer la courbe de ses lèvres pour qu’il redevienne cet être si solaire qu’il aime. Seul le temps peut parvenir à guérir quelque chose. Il ne peut se contente que de demander ce qu’il s’est passer. Il n’en a pas spécialement envie, il a l’envie d’ailleurs, le goût de l’autre. Il aimerait oublier cet instant pour sauter directement à l’étape ou tout va bien.

Au fur et à mesure que le récit se déroule, il écarquille les yeux. Puisqu’il imagine la belle Hyacinthe morte, torturée et dans un scénario bien trop horrible. Une seconde il passe la manche de son manteau sur le coin de ses yeux pour essuyer une larme saline proche de coulée. Il a envie de crier et serre instinctivement ses poings pour éviter de faire une bêtise. Il le sait, demain il se perdra dans la musique, il ira voguer dans les quartiers pour oublier sa peine. En l’instant, il doit paraître fort, solide comme la pierre face à son ami. Parce qu’il n’a pas le droit d’être plus triste, plus fragile que lui. Même si chaque instant de plus lui donne l’impression d’être un verre se brisant sur la pierre.

Leur pas les mène inexorablement vers la voix toute douce d’une jeune femme. Il l’écoute, avec la même attention qu’un artiste. Elle a une bonne protée e voix, le type de femme allant de l’aigue vers le grave avec une facilité déconcertante. Il l’imagine sur des compositions bien à lui et se dit que l’alliance sera parfaite, majestueuse. Au bon endroit. Il ferme un instant les yeux, l’odeur de Jouni portée par le vent jusqu’à lui. Il aime tant son odeur. Il les ouvre à nouveau pour applaudir à la fin, continuant ensuite sa marche dans l’espace vert pour aller vers un banc.

« Si tu veux. »
Il s’installe sur un banc, sort sa guitare de son étui pour gratter quelques mélodies. Il a les doigt gelés, le froid s’installe de plus en plus. La sonorité se fait lente, comme la musique d’un autre monde. Elle est tribale, à la fois soul et bien rythmée. Une composition personnelle, un air qui n’a pas besoin de langue, pas besoin de paroles pour exister. « J’ai envie de partir. Tu viendras avec moi ? »





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MessageSujet: Re: Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule - Tobias   Ven 19 Oct - 20:43

Il commence à jouer un air soul qui me plaît beaucoup. Je marque le rythme de la tête, lui tape du pied. Il y a même un groupe d'adolescentes qui s'arrête, et elles commencent à se dandiner autour de nous en gloussant. Elles sont mignonnes, ça me fait sourire. Je les encourage en frappant dans mes mains. Et d'autres personnes s'avancent pour écouter. Il y en a même qui posent des pièces aux pieds de Tobias. Puis petit à petit, la musique se fait moins entraînante, et mon ami cesse de jouer. Il se tourne vers moi.

« J’ai envie de partir. Tu viendras avec moi ? »

Je suis pris au dépourvu. Mes pensées s'emmêlent. Partir avec Tobias ? Je ne sais pas... Pourquoi pas ? L'ombre d'un sourire fait frémir le coin de ma bouche. On pourrait aller voir les loups en Alaska, ou les temples du Tibet. Se baigner dans le Mékong, au Laos, écouter la cornemuse en Écosse. Pêcher sur les plages de Madagascar. Apprendre à skier sur le montagnes de France, écouter la guitare espagnole. Oui... Ça serait merveilleux. Mais je ne peux pas. Il y a Absynthe. Je dois lui apprendre à se défendre, le protéger. Il y a Louis. Je sens qu'il se repose sur moi, lui qui a dû lutter seul si longtemps. Sariel... Je dois le tuer, le saigner, le déchiqueter. Absynthe, Arthur et Isabelle sont en danger tant qu'il reste en vie. Et je veux venger Hyacinthe. Il n'y a plus que ça qui me tient, la vengeance. Œil pour œil, sang contre sang. Il l'emportera pas au paradis. Mais pas avant d'avoir fini ma thérapie, car cet odieux olibrius a du talent. Il va me sortir du trou, puis je le tuerai. Il ne fera plus de mal à personne, ça non.

Je sors de ma torpeur et Tobias m'interroge du regard. Une part de moi a envie de lui dire oui, de faire son deuil une bonne fois pour toutes. Mais je suis pas prêt. J'ai besoin de feu, j'ai besoin de colère. Ma haine me tient quand la peine m'écrase. Je pousse un gros soupir.

"Je peux pas, copain... J'ai... des choses à faire. Dans quelques mois, peut-être."


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