RSS
RSS



 
Bienvenue aux nouveaux membres sur Rainbow Community !
L’événement spécial Halloween est lancé ici
Le concours d'écriture vous ouvre ses portes juste ici !
Pour finir, la partie débat est ouverte ici !

Partagez | 
         

 Entre Serpent et Renard - Asrandrel


Je suis arrivé à Zagreb le : 25/07/2018 J'ai posté un total de : 46 kunas en banque. On me dit que : Emblu donc j'ai : 27 ans La classe hein ! Côté cœur je suis : célibataire


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Sam 11 Aoû - 19:09

L’appartement est très spacieux, de style japonais. Les assortiments de bois tendres aux couleurs chaudes rendent le lieu très agréable. Partout, dans tous les recoins, s’épanouissent toutes sortes de plantes. Des exotiques, des européennes, des venimeuses, des aquatiques. Dans chaque pièce, un petit jardin zen dégageant de doux bruissements d’eau. Dans le séjour, quelques appareils de musculation. Des rangées de bambous en lieu de murs séparent les pièces. Seule la chambre est coupée du reste par une porte coulissante. C’est là que, dans un enchevêtrement de draps de coton égyptien, Lucrezia rêve encore.

Dans la lumière du soleil qui baille à la fenêtre, des particules dansent nonchalamment. Du monticule chaud s’élève un gémissement rauque. Le monticule bouge. Des cheveux en émergent, parsemant une figure fripée de sommeil de leurs reflets de cuivre.
Lucrezia s’étire de tout son corps, s’enroule dans les draps, se tortille, somnole, s’éveille et recommence.
Il est plus de dix heures quand elle finit par s’extraire de sa tanière. Dans la nudité la plus totale, elle descend mollement l’escalier et traverse la pièce en se frottant le visage de sa paume.  Dans la cuisine, elle se laisse tomber sur une chaise, en face du verre d’eau qu’elle a abandonné la veille. L’esprit encore saturé de rêves cotonneux, elle fixe la pellicule de poussière que la nuit a déposé sur l’eau. Elle ramène ses genoux contre sa poitrine et soutient sa tête de sa main droite, sa joue s’y écrasant joyeusement. Ses yeux clignent doucement. Elle passe une main dans ses cheveux ébouriffés.

Soudain, elle semble s’éveiller. D’une traite, elle vide le verre d’eau et rejoint sa chambre en courant. Là, elle extirpe de sous son lit la jolie boîte verte, les dahlias y perdant quelques pétales. Déjà, elles n’ont plus leur fraîcheur de la veille…
Lucrezia déchire le papier sans ménagement et ouvre la boîte. Ses yeux s’écarquillent d’admiration devant le contenu. Elle déplie une robe verte, finement brodée à la main. Très, très décolletée… Elle trouve des chaussures assorties, vertes également. Résistant à la tentation d’immédiatement revêtir le tout, elle range les atours dans une housse vide qu’elle trouve dans son armoire.
Elle entreprend de faire ses étirements matinaux, ceux qui lui servent à maintenir sa souplesse. Puis toute la journée, elle cherche à s’occuper pour ne pas penser à cette légère boule d’impatience et d’appréhension qui lui presse le cœur. Elle médite, s’occupe de ses plantes, prépare ses sachets d’infusion, boit un ou deux verres de vin blanc…

Quand enfin l’horloge indique 15 :30, elle entreprend d’enfiler la robe offerte la veille par le Docteur Sariel, ce qui n’est pas une mince affaire. En effet, la robe est très près du corps et Lucrezia doit se tortiller pour y faire passer ses hanches. Ceci fait, elle enfile les chaussures et observe son reflet dans le miroir. Le résultat est saisissant. Elle sourit à son reflet et tourne sur elle-même, ravie. Elle regrette simplement la transparence du tissu sur le devant de ses jambes, car alors, elle ne sait pas où dissimuler son arme. Jugeant que les plis du bas sont suffisamment abondants pour cacher ses chevilles, elle fixe à l’une d’elle une fine lanière de cuir. Elle y attache le fourreau d’une petite dague effilée. Elle vérifie dans son reflet la discrétion de l’arme et met la main sur un sac en daim noir. Elle y fourre ses affaires et surveille par la fenêtre l’arrivée du chauffeur du Docteur Sariel.
Lorsqu’il arrive enfin elle le rejoint. Il lui ouvre la portière, et une fois Lucrezia installée, il démarre. Vingt minutes plus tard, la voiture passe un immense portail de fer forgé. Elle traverse un magnifique jardin. Lucrezia, la bouche entrouverte, admire la superbe verdure qui s’étend sur quelques mètres. Elle est néanmoins surprise par le style modeste et épuré du lieu. Mais Lucrezia apprécie les surprises. La voiture se gare devant une jolie maison.

Par la fenêtre, la comédienne voit s’avancer le Docteur Sariel dans sa direction, un sourire de bienvenue sur les lèvres.


Dernière édition par Lucrezia Boswell le Sam 25 Aoû - 14:49, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas

Je suis arrivé à Zagreb le : 18/03/2014 J'ai posté un total de : 140 kunas en banque. On me dit que : Madds Mikelssen Je crédite : abyss donc j'ai : 57 ans à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : Celibataire Me, myself and i : //



Voir le profil de l'utilisateur
En ligne
MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Sam 11 Aoû - 20:03



 
LucreziaLa musique n'a pour ainsi dire point de réalité; elle n'imite pas, elle exprime. La musique est à la fois une science comme l'algèbre, et un langage psychologique auquel les habitudes poétiques peuvent seules faire trouver un sens. Franz LITZ


Quand il était rentré chez lui ce soir là, Le Docteur Sariel avait souri longtemps, attablé à son bureau acajou, il avait laissé quelques heures emporter sa main sur le papier, et il y a dessiné les courbes, les lignes, les sauts et les arcs de Lucrezia. C'était des croquis basique, juste quelques traits posés avec l'adresse de l'habitude, quelques ombres, c'était sobre. Cependant, sur chaque esquisse, il avait fixé ce regard sanguin qu'il avait capté ce soir, sombre et mystérieux. Elle le fascinait, profondément, et cela tenait presque du mystique.

Quand il commença a ressentir la fatigue tomber sur lui avec la lourdeur des bons vins de la soirée, le Docteur se dirigea vers sa chambre ou il se coucha jusqu'au petit matin. L'aube vint le cueillir, parfaitement réveillé comme à son habitude, alerte et prêt. Au fond de son ventre, il ressentait quelques choses qu'il ne ressentait que rarement, la hâte, oui il était pressé, de la voir, sublimé de tissus, de voilure, là peau presque à nu sous la robe qui danse.

Cependant, elle n'occultait pas Absynthe, il l'avait revu, et il était sa priorité. Pourtant pour lui, il devait contenir sa hâte, ne pas céder a l'impulsivité, sa capture nécessitait de controler chaque étapes, chaque manches du jeu jusqu'au moment inéluctable. Lucrezia elle était étrangère à tout ça, et c'était parfait. Il pouvait avec elle reposer son esprit et profiter de sa lumière. Peut-être aura-t-elle un rôle, peut-être pas. Il ne lui en destinait pas un. Quand l'après midi l’amène devant sa porte, il resserre en hâte sa cravate avant de sortir l’accueillir. Il marque un arrêt sur le perron pour la contempler.  Magnifiques sous les tissus vaporeux qui allongeait son corps, rehaussait ses courbes et découvrait un décolleté  abyssal. Elle était belle, toutes en lumière, sa crinière de feu tranchant sur le vert de sa robe, le vert de ses yeux. "Lucrezia, votre beauté m’envoûte, vaporeuse sous les volutes et les voiles de Versace. Je vous dessinerais une robe un jour si cela peut vous plaire, mais j'ai bien peur de ne pas savoir comment vous rendre aussi belle que vous l'êtes déjà." Il lui intima d'un geste de le rejoindre. "Si nous prenions un thé avant d'y aller?" Un sourire mystérieux avant qu'elle ne le rejoigne et qu'il ne puisse humé son parfum dans le vent.




(c) abyss




Dernière édition par Asrandrel Sariel le Lun 13 Aoû - 23:05, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas

Je suis arrivé à Zagreb le : 25/07/2018 J'ai posté un total de : 46 kunas en banque. On me dit que : Emblu donc j'ai : 27 ans La classe hein ! Côté cœur je suis : célibataire


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Sam 11 Aoû - 20:30

"Lucrezia, votre beauté m’envoûte, vaporeuse sous les volutes et les voiles de Versace. Je vous dessinerais une robe un jour si cela peut vous plaire, mais j'ai bien peur de ne pas savoir comment vous rendre aussi belle que vous l'êtes déjà." La comédienne ouvre des yeux ronds, et malgré ses efforts pour garder contenance elle éclate de rire. Le Docteur Sariel semble amusé. Il lui tend obligeamment son bras.

"Si nous prenions un thé avant d'y aller?" Elle accepte avec enthousiasme. "J'adorerais boire un lapsang souchang, si vous en avez !" Il la couve d'un sourire attendri. "Tout ce qui vous fera plaisir, ma chère."
Lucrezia observe autour d'elle, le plafond très haut, les innombrables tableaux, le luxe, partout. Le Docteur la mène dans un salon de musique et lui désigne un siège. Le regard de la danseuse est immédiatement captivé par les très nombreux instruments qui agrémentent la pièce, notamment par un superbe violoncelle. Elle s'assoit lentement, les yeux perdus dans la contemplation de l'instrument.

"Je vous rejoins dans quelques minutes." L'homme s'éclipse. Dans la seconde, Lucrezia se lève et se précipite dans la direction de l'instrument. Elle commence à fouiner, à la recherche de pédales et d'appareils d'enregistrement qu'elle finit par trouver. Elle se lance dans une série de branchements, puis elle s’empare du violoncelle et s’installe sur le tabouret. Une inspiration. Deux inspirations. Les premières notes s’élèvent, vibrations graciles et douces. Une reprise de « All along the watchtower » de Jimi Hendrix. Les premiers accords se suspendent un instant dans le silence, puis résonnent les suivants, plus musclés. Plus déchirants. Lucrezia joue de la pédale. Lucrezia joue comme elle pleure, comme elle est fureur. Les yeux fermés, son dos s’arque, sa main tremble sur l’archer. Elle joue comme elle meurt. Sous les doigts mutins les cordes pleurent et crient. Tout le corps de Lucrezia ondule et s’arque-boute. Elle joue comme elle prie. Visage tendu vers le ciel, la bouche entrouverte. Comme on écrit de la poésie. Les cheveux sauvages, tombant sur ses yeux. Ses yeux qu’elle darde par moment à travers la frange de boucles. Lucrezia a les yeux noirs quand elle joue, les yeux ensanglantés. Elle raconte mille et une histoires et légendes. Celles d’une femme. De toute les femmes. La rage rancune. La rage rentrée. Depuis des siècles enfermée dans les carcans de la beauté. Lucrezia joue de colère. La mélodie aussi violente qu’elle est amère. Elle joue Francesco. Elle joue Ivano. Elle joue Wendy. Elle joue sa vie. Les mains crasseuses de Jankovic sur son corps. Le sang vermeil de Jankovic sur sa langue. La haine, la pulsion meurtrière. Injustice. Quelques perles salées luisent sur ses cils lorsque la dernière note s’étire sur la corde, grave et vibrante.


Dernière édition par Lucrezia Boswell le Sam 25 Aoû - 15:00, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas

Je suis arrivé à Zagreb le : 18/03/2014 J'ai posté un total de : 140 kunas en banque. On me dit que : Madds Mikelssen Je crédite : abyss donc j'ai : 57 ans à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : Celibataire Me, myself and i : //



Voir le profil de l'utilisateur
En ligne
MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Lun 13 Aoû - 21:30



 
LucreziaLa musique n'a pour ainsi dire point de réalité; elle n'imite pas, elle exprime. La musique est à la fois une science comme l'algèbre, et un langage psychologique auquel les habitudes poétiques peuvent seules faire trouver un sens.    Franz LITZ


Au moment ou il préparait le thé, Asrandrel hésita, sa main suspendue au dessus de la tasse. Une goutte et le jeu serait finis. Une goutte et son esprit serait à lui. Une goutte et il pouvait la fissurer, il avait le pouvoir de rayer le diamant. Il ne le fera pas. Bien que l'idée puisse être séduisante, bien qu'il puisse avoir myriades d'idées à propos des toxines et de ce qu'il en pourrait en faire;  il n'y cédera pas. C'est une autre curiosité, une autre obsession qui l'animait à son propos: une émotion. C'est à ce moment précis qu'il se rendit compte de ce qu'elle agitait en lui. Il se regarda un instant dans la fenêtre, dardant sur lui-même un regard lourd et scrutateur. A près tout, quoi qu'il puisse faire, il n'était qu'un être humain.


Pour lui même, il fit infuser un certain genre de sauge, il avait besoin de détendre ses perceptions, d'éteindre certaines ombres qui s'allongeaient. Il avait besoin d'ouvrir un tant soit peu les portes de son esprit, et surtout de calmer les instincts et les pulsions qui l'animait depuis qu'il avait revu Absynthe. C'est cette automédication ponctuée d'une connaissance quasi-parfaite de son propre esprit qui lui assurait le controle totale qu'il pouvait avoir sur lui même. Controle qu'il s'était acharné a acquiérir, quelque soit la  façon. Par nécéssité. Il ne devait plus commêtre d'erreur, non, il ne devait plus. Il broyait la sauge dans un mortier avant de la déposer avec délicatesse dans l'eau brûlante qu'il agrémenta de jasmin et d'aconite en extrême petite quantité. Pour la simple raison qu'il  en appréciait le goût et que cela lui permettait de developper non pas une immunité, mais une certaine résistance aux poisons, puisqu'il s'en administrait a dessin et ce depuis des années. S'ils s'infusait l'aconite, il avait renforcé son corps par diverse expériences chimique. Ses anticorps et antigène étaient en quelques sortes le fruit d'une vie d'expérience. Le serpent ne meurera pas empoisonné.


Il rejoignit Lucrezia après avoir saupoudré un peu de canelle sur les tasses, il avait aussi fait mousser le lait. Il entendit les notes depuis le couloir et marqua un arrêt en fermant les yeux. Il entra dans la pièce dans une silence sépulcral, il n'insulterait pas la musique en froissant d'un claquement de porte la tension des notes qui éclaient comme des bulles de douleur au milieu de la pièce. Lucrezia jouait avec le violoncelle, mais c'est son âme qui vibrait, résonnait, se tordait, crissait, hurlait et puis murmurait avant de s'eteindre pour reprendre en langueur les accords du mythe blues. Ce qu'elle avait fait de la chanson du guitariste iconique était magnifique et de long frisson remontaient le long du dos du psychiatre. Lucrezia s'ouvrait devant lui, et il était là, béat et mystifié. S'il n'avait vue en premier lieu que les magnifiques allées de dalhia, de jasmins et de roses, ce dédale là du labyrinthe de l'âme de Lucrezia était bien plus sombre. Les fleurs de son mal poussaient, lourdes d'épines, les écroces étaient sombres, peu de lumière filtrait, et la pierre de basalte, morte et noire craquait sous les pieds. Oui, les images sombres que la musique imposait a son esprit avait des échos de sang, et certaines fleurs vermeille poussait de ci- de là. Comme des gouttes de sang dans un eau grise. Une larme glissa de sa joue quand les yeux de Lucrezia s'ouvrirent dans une dernière note, perlant rage et desespoir en cristaux au coins des cils. Il sêcha sa larme et posa le plateau de thé sur la petite table devant Lucrezia. Il fit couler l'eau avec grâce dans la tasse et lui rapprocha le pot de crême et celui de lait avant d'attraper du bout des doigts le manche d'un alto. "Je suppose que vous devez connaître ceci..." Ses doigts entamèrent les premières notes de Starway to Heaven dont les notes mélancoliques, mélées aux accrods rauques de l'alto firent tomber sur la pièce une atmosphère magique et intime."N'hésitez pas à meler votre archet au miens, j'aimerais que nous puissions résonner ensemble, et vibrer ensemble." Il ferma les yeux, improvisant du bout des doigts dans un crescendo virtuose avant que s'élèvaient en canon les premières notes de violoncelle.



(c) abyss


Revenir en haut Aller en bas

Je suis arrivé à Zagreb le : 25/07/2018 J'ai posté un total de : 46 kunas en banque. On me dit que : Emblu donc j'ai : 27 ans La classe hein ! Côté cœur je suis : célibataire


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Mar 14 Aoû - 11:00

Le Docteur fait face à Lucrezia, son plateau de thé dans les mains. Une larme roule sur sa joue. La danseuse détourne la tête pour sécher pudiquement les siennes. Il a la délicatesse de ne faire aucune remarque. Il dépose son plateau sans bruit et s'assoit en face d'elle. Il attrape un superbe alto.

"Je suppose que vous devez connaître ceci..." Il commence à jouer, ne la quittant pas des yeux. Lucrezia sent de nouveau perler l'émotion sur ses cils. "N'hésitez pas à mêler votre archet au mien, j'aimerais que nous puissions résonner ensemble, et vibrer ensemble." Elle efface du poignet les larmes qui brouillent sa vue et suspend dans l'air quelques notes qui se mêlent à celles de l'alto. Ils jouent doucement, doucement. Les doigts agiles et sincères. Comme on murmure un secret. Les accords se mélangent et se démêlent, se caressent puis se délaissent. Sobrement. Superbement. Lucrezia, sans le vouloir, s'ouvre. Lucrezia qui ne s’ouvre ni ne se montre jamais. Emmenée par la musique, elle ne se soucie plus de rien. Rien d’autre que la vérité de ce qu’elle est, de ce qu’elle a. Elle lâche prise car à ce moment, s’accrocher à son masque lui semble dérisoire…

Pourtant, quand les dernières notes glissent le long des cordes, la peur commence à poindre. La peur de n’être pas aimée, d'être oubliée. De ses parents, de ses amis,… La peur d'en avoir trop montré, d'être affaiblie. Lucrezia a tout livré, elle qui n’a jamais rien donné. Elle croise le regard du Docteur Sariel. A-t-il été aussi sincère qu'elle ? Elle baisse les yeux et tente de maîtriser une irrépressible envie de fuir. Elle aurait aussi bien pu s’arracher le cœur pour le déposer là, sur le parquet… Sa jovialité l’a quittée. Elle n’a pas envie de rire, juste s’enfuir pour ne pas souffrir. Elle se lève lentement, et repose le violoncelle. Elle brouille les sillons de sel sur ses joues, gardant résolument le dos tourné quelques secondes. Puis elle se rassoit. Elle ne lève plus les yeux. Elle n’y arrive pas. Elle tente juste de maîtriser son souffle. Elle saisit une tasse et y plonge son nez pour cacher son visage par tous les moyens. Pour autant, elle reste méfiante et n'en boit pas le contenu. Elle voudrait parler à l’envers pour tout reprendre, tout effacer. Disparaître. Juste s’évaporer. Ne plus exister.

« Veuillez m'excuser… » Bredouille-t-elle. « Je ne joue jamais en public, d’habitude… »


Dernière édition par Lucrezia Boswell le Dim 19 Aoû - 17:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Je suis arrivé à Zagreb le : 18/03/2014 J'ai posté un total de : 140 kunas en banque. On me dit que : Madds Mikelssen Je crédite : abyss donc j'ai : 57 ans à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : Celibataire Me, myself and i : //



Voir le profil de l'utilisateur
En ligne
MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Ven 17 Aoû - 23:22

Les notes battent, frappent puis caressent, la violence et la douceur s’emmitouflent, s’étreignent  et puis se lassent, se délassent et se chassent. Les doigts dansent, remontent, redescendent, les souffles se suspendent à la musique. La musique, la sienne et celle de Lucrezia qui se mêlent et se démêlent, comme des courbes suspendues dans l’air. Asrandrel a fermé les yeux, quand il les a ouvert, Lucrezia pleurait. Ses cheveux s’étaient collés à ses larmes et lui donnait l’allure d’après l’amour. Elle était là, mélodie éclose dans la tanière de velours. Asrandrel savoura la beauté de ses perles de rosée, l’aube d’une forêt pressée au coin d’un cil. Il savoura la sauvagesse de cette vision, hypnotique de sa rage, Lucrezia tremblait. Le regard encore fauve sous la paupière balbutiante. Elle, venait d’ouvrir le porte de son âme dans la pudeur d’une larme, le reflet d’une note offerte, suspendue comme ça, au crin d’un archet pour écrire dans l’éphémère les secrets de ses enfers. « Veuillez m'excuser... Je ne joue jamais en public, d’habitude… »

Asrandrel s’accroupit devant la jeune femme, pour être à la hauteur de ses yeux. « Il faut alors que nous jouions plus souvent… » Il lui sourit, et puis s’assit dans le fauteuil face à elle tandis que doucement, elle replaçait chacun des voiles de son âme. Lorsqu’il eurent fini leur thé, Asrandrel se leva et lissa les plis de son costume. « Et si nous y allions ? »

Dans la voiture, Asrandrel esquiva avec habilité les tentatives de Lucrezia pour savoir ou il les emmenait. Arrivé à l’aéroport,il emprunta une entrée privée réservée aux propriétaires d’engins. Il se gara et escorta Lucrezia devant un jet aux couleurs claires. « Vous n’avez pas le mal de l’air ? » Le docteur souriait, attendant de voir la surprise se dessiner sur le visage de la danseuse.  Le ciel clair laissait présagé un début de voyage agréable, la vue dégagée sur la ville de Zagreb serait saisissante et puis, cette nuit, la lune serait pleine, et ils pourrait la regarder faire briller l’océan d’un millions de fleurs d’argents sur l’ondée noire. Splendide.


Revenir en haut Aller en bas

Je suis arrivé à Zagreb le : 25/07/2018 J'ai posté un total de : 46 kunas en banque. On me dit que : Emblu donc j'ai : 27 ans La classe hein ! Côté cœur je suis : célibataire


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Sam 18 Aoû - 3:01

« Il faut alors que nous jouions plus souvent… »

Rougissante et mal à l'aise, Lucrezia avise les doigts du Docteur, à quelques centimètres de ses jambes. Elle se raidit. Il se rassoit face à elle et continue de déguster son infusion. La comédienne remarque à l’odeur qu’il ne boit pas la même chose qu’elle. Inquiète, elle se demande de quel genre de plantes émanent ces odeurs familières et inconnues à la fois. Consciente de ne pas pouvoir délaisser son thé sans paraître suspecte, elle porte la tasse à ses lèvres. Elle en prend une petite gorgée et la repose. Si quelque chose de dangereux y a été versé, elle le sentira vite, et elle n'hésitera pas à trancher la gorge de l'homme. Reprenant peu à peu ses esprits, elle constate qu'aucune sensation étrange ne se manifeste, et boit son thé à petites gorgées. Les arômes fumés du lapsang souchang la revigorent. Elle est un peu gênée et espère que l’homme oubliera vite le spectacle de son trouble. En quelques minutes, Lucrezia retrouve la jovialité qui est la sienne et ranime tous ses rayons. Aucun danger ne la guette pour l'instant. Les traits d’esprit fusent entre elle et son hôte. Comme une amicale joute verbale. « Et si nous y allions ? » Le Docteur Sariel se redresse et ferme le bouton de sa veste.

L’homme a congédié son chauffeur et a lui-même pris le volant. Il conduit souplement tandis que Lucrezia pose mille et unes questions. « Où va-t-on ? Où va-t-on ? Où va-t-on ? » Mais elle se heurte au sourire énigmatique du Docteur Sariel, fixé sur la route. Elle l'imite, et scrute la moindre bifurcation, le moindre virage, gardant à l'esprit qu'elle ne sait rien de lui. Bientôt, il se gare devant l’aéroport de Zagreb. Lucrezia ne sait que penser. « Nous prenions l’avion ?? » Mais l’homme ne cède pas, et lui tend simplement son bras. Dans un élan d’impatience, elle oublie les convenances et s’y agrippe un peu trop fort. Mais il feint de ne pas s’en apercevoir et la conduit vers une entrée privée. Et là, la danseuse reste bouche-bée à la vue d’un jet privé prêt à décoller. « Mais quoi ??? » Ca lui a échappé. Elle se mord la lèvre inférieure. Encore une fois, le Docteur Sariel ne réagit pas et se contente d’afficher un sourire satisfait.

Des tableaux, de la moquette rouge, quelques œuvres d’art, des coupes de champagnes déjà prêtes… Le tout suinte le luxe et une légère prétention. Partagée entre méfiance et béatitude, Lucrezia se laisse tomber sur un fauteuil.

« Mais… vous n’avez pas osé ! » Et tandis qu'elle éclate de rire, elle feint d'arranger les plis du bas de sa robe pour vérifier la présence rassurante de l'arme.




Je danse parce que c'est mon langage

Revenir en haut Aller en bas

Je suis arrivé à Zagreb le : 18/03/2014 J'ai posté un total de : 140 kunas en banque. On me dit que : Madds Mikelssen Je crédite : abyss donc j'ai : 57 ans à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : Celibataire Me, myself and i : //



Voir le profil de l'utilisateur
En ligne
MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Dim 26 Aoû - 15:50

Lucrezia dardait des yeux d'enfant, un sourire hypnotisé sur les lèvres. Asrandrel se félicitait d'avoir réussi sa surprise, bien que baroque et clairement ostentatoire, l'esthétisme de sa décoration savait toujours ravir ses invités. Peu on eu le luxe de s’assoir sur les sièges fourrés de plumes et décoré de tapisserie persane, peu avait eu l'honneur de pouvoir regarder ce Rodin, cloué a son pilier de marbre, et moins nombreux encore ont eu le loisir de l'écouter, quand il s'assit devant le piano, jouer Debussy avec une pointe de Chopin dans l'improvisation, balançant son corps au rythme de la sonate. Il ne termina pas le morceau et se leva dans un rire puis se dirigea vers le divan, à côté de Lucrezia. Leurs cuisses se touchaient. "Accrochez vous bien, nous allons décollé. Le voyage se présente plutôt bien, le ciel est dégagé jusqu'a mi-chemin où nous finirons par rencontré une légères précipitation, vous supportez bien le vol?" Son visage fixait la fenêtre et elle répondit par un silence entendu. Le moteur se mit a vrombir, le jet avait été assez bien construit pour que les tremblement de la machine ne se ressentent que peu. Il s'envolèrent dans les nuages, se fondre dans le noir velours de la nuit, alors qu'ils regardaient, émerveillées, les lumières et les tours de Zagreb auréoler le paysage en un milliard de luciole volant dans une forêt de pierre. Les yeux d'Asrandrel se détournèrent du paysage pour fixer Lucrezia, elle regardait, béate la danse des nuages, comme un océan de coton jouant des radiances noirs et argentés du soir. Dans la lumière tamisée de la cabine, Lucrezia resplendissait.

Asrandrel se leva à nouveau et se dirigea vers le bar ou il prépara deux mimosa qu'il disposa sur la table en verre. Son pieds était sculpté d'un poulpe monstrueux qui avalait un voilier, le tout dans la pierre noire de volvic, donnant à l'objet un éclat mystique. "Le voyage ne devrait pas excéder une dixaine d'heure. Pour satisfaire un tant soit peu votre curiosité, je vous annonce que nous nous rendons en Amèrique" Il offrit à Lucrezia son air le plus énigmatique avant d'allumer un de ses rares cigares cubains dont les volutes de fumée bleu s'envolaient dans l'habitacle. Il en proposa un a son hôte.


Revenir en haut Aller en bas

Je suis arrivé à Zagreb le : 25/07/2018 J'ai posté un total de : 46 kunas en banque. On me dit que : Emblu donc j'ai : 27 ans La classe hein ! Côté cœur je suis : célibataire


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Lun 27 Aoû - 1:17

Médusée, Lucrezia fixe le Rodin cloué sur son socle. C'est si improbable que c'en est presque grotesque, et elle se demande où diable elle a bien pu tomber. Elle se prend même à penser que le Docteur Sariel est peut-être un fou. "Un fou qui parle bien..." Lui fait remarquer une petite voix dans sa tête. Ce n'est que lorsque l'homme commence à jouer du piano qu'elle remarque l'instrument. Elle ouvre des yeux comme des billes à la vue de ce spectacle saugrenu. L’idée de rire ne lui vient même plus à l’esprit, elle est bien trop déconcertée. Elle se contente donc d’écouter les airs de Debussy se suspendre dans l’atmosphère, ses yeux errants sur les doigts virtuoses. Elle pose son coude sur le dossier de la banquette et sa tête sur sa main. Elle oserait presque fermer les yeux, si sa méfiance n’était pas si présente. Elle regarde le visage concentré du Docteur. Elle est décidément très partagée à son sujet… Plus il éveille sa curiosité, plus elle s’inquiète. Elle s’inquiète de se laisser berner tandis que la peur de lui la quitte. Elle ne doit pas se départir de sa vigilance, ni accorder sa confiance à quiconque ! Elle connaît les risques dus à l’abandon, et elle n’en prendra aucun.

Elle en est à cette certitude lorsque le Docteur Sariel cesse de jouer et la rejoint sur le divan. Il s’assied si près d’elle qu’elle sursaute. Leurs jambes se touchent, et Lucrezia ne saurait dire si cela lui plaît ou non. Si elle n’était pas si tendue, cela la charmerait probablement, pourtant, à ce moment, tous ses muscles se crispent. Pour se donner contenance, elle adresse à l’homme le sourire le plus franc possible. Puis elle fixe par la fenêtre un regard fasciné. Elle pose son menton sur son coude, décidant de profiter de ce moment.

Lorsqu’enfin l’avion décolle, Lucrezia se sent surexcitée. Elle pose même ses genoux sur la banquette pour être bien face au hublot. Elle étouffe une exclamation de joie à la vue des lumières qui paillettent Zagreb, perles d’or sur le manteau de la nuit. Un sourire émerveillé étire ses lèvres. « C’est… vraiment magnifique. » Elle offre à son hôte l’expression ravie de son visage. « Merci, Asrandrel. » Ajoute-t-elle. Il lui rend son sourire avant de se lever pour se diriger vers le bar. Lucrezia ne le quitte pas des yeux tandis qu’il prépare deux mimosas. Lorsqu’il lui tend l’une des deux flûtes, elle sait qu’elle n’a rien à craindre, et après l’avoir levé, elle prend une gorgée sans sourciller.

"Le voyage ne devrait pas excéder une dizaine d'heure. Pour satisfaire un tant soit peu votre curiosité, je vous annonce que nous nous rendons en Amérique."

Les yeux de Lucrezia s’écarquillent de stupéfaction. « Pardon ??? » A cours de mots, elle s’esclaffe. « Mais vous me charriez, non ? » Et elle pouffe de plus belle. Le Docteur garde son air mystérieux, mais il semble à la comédienne qu’il apprécie de la voir rire. Il s’enfonce dans le divan et allume un cigare cubain. Il lui en propose un pour elle-même.

« Je suis une athlète, Docteur, je ne fume pas. » Répond-elle avec un sourire orgueilleux. Elle reprend une gorgée de mimosa. Elle se lève et se dirige vers le piano. Elle ne sait pas très bien en jouer mais l’instrument est si beau qu’elle meurt d’envie d’en effleurer les touches. « Puis-je ? » demande-t-elle timidement. Le Docteur hoche la tête. Elle s’assied et commence à pianoter un peu gauchement quelques petits airs qu’elle connaît. Ses pensées errent un peu. Elle songe à la situation saugrenue dans laquelle elle se trouve, en train de jouer du piano en apesanteur. Elle trouve ça poétique et se sourit à elle-même.

Elle fredonne doucement sur la faible musique qu’elle arrive à sortir.




Je danse parce que c'est mon langage

Revenir en haut Aller en bas

Je suis arrivé à Zagreb le : 18/03/2014 J'ai posté un total de : 140 kunas en banque. On me dit que : Madds Mikelssen Je crédite : abyss donc j'ai : 57 ans à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : Celibataire Me, myself and i : //



Voir le profil de l'utilisateur
En ligne
MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   Lun 3 Sep - 18:27

Les doigts de Lucrezia pianotaient, les notes, fausses ou justes emplissaient l'espace tapissé de l'habitacle. Elle jouait des airs menuets, de ceux qu'on apprend aux petites filles. C'est l'innocence qui crisse. L'oreille absolue du psychiatre subissait en douleur l'errance musicale de la femme-enfant. Asrandrel la contemplait, tendu entre l'envie de l'empêcher de jouer à tout jamais et celle de continuer a contempler son air rêveur-concentré, alors qu'elle croquait inconsciemment dans ses lèvres. Il opta pour la première option en se levant assez bruyamment pour sortir Lucrezia de sa torpeur lyrique, alors qu'elle avait commencé a chantonné sur les notes affolantes. Si elle était une violoniste au talent immenses, profonde et virtuose, perchée sur son archet, si elle faisait crisser les cordes avec la même grâce qu'elle dansait, avec apeusenteur et violence; son jeu de pianiste n'en demeurait pas moins difficilement supportable pour l'oreille sensible d'Asrandrel, et ses beaux yeux verts n'avait pas encore assez d'échos pour qu'il subisse autant de mal par courtoisie.
Il claqua des mains et une petite porte au fond de la cabine s'ouvrit, laissant passer une hôtesse au chignon impeccable, les yeux penchés sur le sol, elle dardait un regard étrange sur son patron, entre crainte et fascination. Elle apporta un chariot couvert de plateau sous cloche dans la pièce et s'éclipsa en silence, souriant enfin au Docteur avant de disparaître. "Je nous ai fait amener de quoi nous restaurer, j'avoue que j'aurais aimer cuisiner pour vous, mais je n'ai malheureusement pas eu le temps..." Il tira le chariot jusqu'a un renfoncement proche de la table en verre, le fixant dans un clic pour qu'il ne roule pas si le vol s'agitait soudain. Soulevant la première cloque, il libera quelque toast et canapé, invitant la jeune femme à le rejoindre d'un geste de main. Le repas, cloche par cloche était splendide. Il avait été cuisiné minute par un chef avant d'être emballé sous vide pour être réchauffer et servit. Le but étant que le procédé et l'altitude altère le moins possible les saveurs compliquées. L'entrée était un mélange d’huître pochée sur un lit de crême de chêvre et un sorbet au champagne, le tout arrosé d'un filet de vinaigre de myrtille. Pour le plat, il y avait un tartare de taureau poelé, une sauce au poivres et quelques vieux légume coloré. Pour le dessert enfin, il s'agissait d'une crême fouetté, au champagne encore, le Docteur avait remarqué la veille que la jeune femme aimait ça, le tout accompagnant des fraises.
Il parlèrent longtemps avant de s'endormir. L'hôtesse les réveillant peu avant l'atterrissage.


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Entre Serpent et Renard - Asrandrel   

Revenir en haut Aller en bas
         

 Entre Serpent et Renard - Asrandrel

 Sujets similaires
-
» male ou femelle?
» l'amitié entre un renard et un chien
» Les loups ne se mangent pas entre eux
» Est-ce que votre BC ferme entre Noël et le Jour de l'an?
» Session hiver 2011 des ateliers "Rivalités entre frères et soeurs"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit