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 Mon meilleur ennemi - Erèbe Galaconnard


Je suis arrivé à Zagreb le : 11/06/2018 J'ai posté un total de : 66 kunas en banque. On me dit que : Max Riemelt Je crédite : Alexis (avatar) donc j'ai : 31 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : amoureux avec : Hyacinthe


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MessageSujet: Mon meilleur ennemi - Erèbe Galaconnard   Lun 3 Sep - 19:23

J'ouvre un oeil probablement injecté de sang. J'ai toujours du mal à dormir. Trop de choses à penser. Hyacinthe, froide et abandonnée dans les couloirs de la morgue, Louis, Sariel... Absynthe. J'ai peur. J'ai peur pour lui. Il est de toute évidence un danger pour lui-même et ça m'inquiète. L'autre soir a clairement dégénéré, mais me concernant, je sais que c'est très exceptionnel. Je suis quelqu'un de responsable. Mais Absynthe... est-ce que toutes ses soirées ressemblent à celle-ci ? Je n'en reviens pas qu'il soit encore en vie. Les gens comme lui, ça fait pas long feu. J'ai presque envie de le fuir, mais j'ai peur qu'il meure. Je chasse ces pensées. Une bonne journée, ça commence par un bon café. Je m'étire de tous mes membres. Putain, ce lit est bon ! Je remercie Louis intérieurement.

Je l'entends siffloter dans la cuisine, l'odeur du café me chatouille les narines. Un me salue très courtoisement, comme toujours, et me tend une grande tasse que j'emmène sur la terrasse. Depuis le palier, j'aperçois le camion du hippie. Je prends une gorgée, me demandant s'il existe un moyen de rendre les gens supportables. C'est vrai, quoi, j'ai jamais vu un tel donneur de leçons. Le gars n'a aucune conscience du monde dans lequel il vit, tout le monde il est beau, il est gentil. Mais la vraie vie, c'est pas comme ça. Ma femme a été froidement assassinée, son frère a grandi séquestré... Voilà, ça c'est la vie. Il me fait un peu penser à Tobias, sauf que Tobias, ça lui viendrait pas à l'idée de faire la leçon aux autres. Il se mêle de ce qui le regarde. C'est pour ça que c'est mon ami. L'autre emmerdeur, il me casse les couilles, j'le trouve chiant.

Je m'assois sur les marches. J'essaye d'apprécier ce moment. Les rayons du soleil, chauds dans l'air encore frais du matin. Les arômes brûlants du café contre mon palais. Le vent. Très léger. Dans mes cheveux. Je ferme les yeux. Je compte mes inspirations. Je me sens bien.

"Salut, maaaaaan !"

J'ouvre un oeil courroucé. C'est le hippie qui vient vers moi dans un nuage jamaïcain. Je pousse un profond soupir quand son loup me bave sur les doigts avec un air enjoué. Je lui caresse mollement le museau.

"Salut, Crèbe."
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Je suis arrivé à Zagreb le : 03/11/2014 J'ai posté un total de : 421 kunas en banque. On me dit que : Jack O'Connell Je crédite : Bazzart et moi meme donc j'ai : 24 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : il est parti en éxil avec : le monde


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MessageSujet: Re: Mon meilleur ennemi - Erèbe Galaconnard   Lun 3 Sep - 21:48

Le matin se lève en corolle sur la dentelle du ciel. Un éclat de soleil fracasse ses lumière fractales entre les tentures du camion, redessinant les meubles de bois d'un millions de lignes colorées. Je soupire, faisant jouer mes doigts dans les quelques rayons qui se glisse entre les tissus. Je roule et grogne, j'étire mes membres, je commence par les orteils. Je prends mon temps pour m'éveiller, tendant et détendant chacun de mes muscles, de mes os, avant de me redresser. Je me lève et m'étire dans un semblant de yoga, parfait hippie au matin. J'enfile un pantalon, je ne sais pas lequel, je ne regarde pas vraiment avant de sauter dehors. Je n'avais pas encore revu Absynthe. J'avais eu échos de ses exploits, ils étaient rentrés hier soir. Je l'avais regarder passer le seuil de la maison, il avait a peine regarder Lupin, extenué.

J'avais penser à aller le voir. Et puis non. J'étais sorti, j'avais errer dans le parc, je cherchais, je cherchais quoi? Je ne sais pas, j’avançais entre les arbres, piliers millénaires, entre les branches, je quittais la ville pour m'enfoncer encore plus profondément dans les bois dont les troncs devenaient de plus en plus larges et espacés. J'étais dans une forêt ancienne, les murmures de feuilles froissées résonnaient, mystique dans le soir épais. Je ne voyais plus vraiment la lune j'avancais à la lumière faiblarde de la nuit claire, voilée par les cimes. Des ombres et des lumières bleues, juste quelques silhouettes. Mais je n'avais pas peur, je marchais et je savais parfaitement où j'étais. Je ne savais pas pourquoi mes pas m'avaient mené là, alors j'avancait, caressant du bout des doigts les branches abîmées de la cabane que je m'étais construite ici il y a trois ans. J'ouvrit la porte cabossée qui ne fermait plus grand chose. L'intérieur avait été étrangement épargné, n'étais-ce que les plantes qui s'était installé, grimpant le long des murs fleurissant entre les poutres, couvrant le sol en un partère délicat d'humus et de champignon. Mes pieds nus s’enfonçaient dans le sol moite. Je fermais les yeux. J'étais bien. Un rythme profond m'animait ici, au centre de la terre, en équilibre, les pieds au plus proche de la Mère. Je fermais les yeux et écoutait juste le soir, avant de m'assoire et d'attendre qu'un craquement me sorte de ma transe. Dans un des rares rayons de lune qui percait l'épais plumages des arbres se dressait un lynx. C'était le premier que je voyais, et si j'avais vu beaucoup d'autres félins en amazonie ou en Afrique, celui là se dressait avec une fierté sauvage qui me toucha au plus profond de moi. Je me sentais humble devant la grâce de l'animal, comme le gardien ancien de la forêt, son pelage pale prenant des reflet d'argent dans la lumière de la nuit. Il me regardait presque avec bienveillance. J'étais en harmonie avec le bois, avec la mousse a mes pieds, avec l'arbre, avec la biche qu'il chassait, et avec lui. J'étais a ma place. Absynthe, j'aurais aimé que tu vois ça. Il y a tant de choses que j'aimerais lui montré. Il y a tant de choses que je te montrerais. L'animal disparut, comme s'il n'avait été qu'une brume mystique, figé un instant, avant de s'évaporer dans le noir.
Je parti en même tant que lui pour retrouver mon autre cabane, celle avec des roues. Les quelques heures de marches m'amenèrent devant la maison de Monsieur Louis ou mon camion et lupin m'attendait sagement, une heure où deux avant l'aurore.


Lorsque j'arrive devant chez Louis, j'appercois Jouni. Dans la lumière du matin, il se tient au soleil, a demi nu dans son jean élimé qui tombe de manière indescente sur les premières lignes de ses fesses privées de calçons. Je déglutis un instant avant de la saluer. Il est peut-etre temps de faire un tant soit peu connaissance, puisque lui aussi à l'évidence n'a pas pu résister a l'attraction magnétique d'Absynthe et Louis. D'ailleurs, au fur et à mesure des jours, il s'était revelé ne pas être qu'un sale coké de merde, mais plutôt un gars dur et pas trop con, completement déchiré par la douleur. Il était là, a essayer de trainer les morceaux de lui pour venger son ange, et, niaisement, j'trouve ca beau moi. Si J'étais lui, j'me s'rais surement foutu en l'air, il a la dent dure ce gars. Absynthe l'aime bien, j'le vois, qui commence a l'singer un peu, j'retrouverais presque des manières. Je sourcil à peine quand il m'appelle Crèbe, j'ai presque envie de rire. Putain c'est moche Crébe, on dirait une marque de baume hémorrhoïdale. J'ai une gueule de créme a cul?
Soit.
J'lui balance ma nuit, comme ça, pour parler, parce que j'sais pas trop comment commencer, parce que j'trouve pas trop d'entrée a sa carapace, et puis j'ai plus trop l'habitude des gens, des gens longtemps j'veux dire, j'ai pris l'habitude des gens d'un jour, des gens d'une heure, des gens d'la route, qui partent, qui reviennent, qui s'en vont, des gens comme des heures qui s'égrainent dans les souvenirs.
J'lui raconte la forêt, ma cabane, le lynx. Et puis j'finis. "T'en pense quoi?"



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MessageSujet: Re: Mon meilleur ennemi - Erèbe Galaconnard   Lun 3 Sep - 22:23

Il s'assoit à côté de moi. Le silence tombe et je suis mal à l'aise. Le voilà qui commence à me raconter une histoire de fou à propos d'une forêt, d'un lynx et d'une biche. Putain, je sais pas ce qu'il a pris, çui-là mais il est pas redescendu !

"T'en penses quoi ?"

... Heu... J'en pense quoi, je sais pas, moi... Que t'es con ? Que tu devrais voir un opticien ? Ou un addictologue ? Mais bordel, qu'est-ce que j'en sais ?! C'est quoi cette question ? Moi, j'voulais juste boire mon kawa au soleil, tranquille ! Qu'est-ce qu'il vient me faire chier avec sa psychologie des rêves, l'autre Socrate, là ? Je le fixe avec un regard vide.

"Rien du tout." Je prend une gorgée de café. Le silence retombe, et je suis mal à l'aise. Je culpabilise en voyant sa tête dépitée alors qu'il lâche un long panache de fumée vers le ciel.

"Désolé, hein..." Je tente. "Je suis pas du matin."

Le hippie hoche la tête d'un air entendu. "Ca va, ça !" qu'il me fait d'une voix étrangement aigüe. Et part d'un rire guilleret pas très naturel, y joignant un geste pas très naturel non plus. Le silence reretombe, et bordel de merde, je suis MAL A L'AISE !

"Tu fais quoi dans la vie ?" Non, je sais pas quoi dire. Enfin si, j'ai envie de lui dire de débarrasser le plancher, voire d'aller me chercher un autre café et de me foutre la paix. Mais je vois bien qu'il essaye d'être sympa donc voilà. Et puis merde, au moins quand je suis mal à l'aise, je pense pas au corps difforme de Hyacinthe. D'ailleurs, d'avoir poser la question, ça éveille un peu ma curiosité. C'est vrai, qu'est-ce qu'il peut bien branler de ses journées, celui-là ? Comment il fait pour vivre ? Et son loup, d'où il sort ? Je me promets de lui poser la question quand j'en aurais quelque chose à foutre.


J. Rasmussen
va niquer des races. Cordialement.
©️️Laxy dunbar
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MessageSujet: Re: Mon meilleur ennemi - Erèbe Galaconnard   Dim 9 Sep - 18:22

Il se montre rustre, comme d'habitude. Ce mec c'est un putain de taureau qui essaie de faire de la danse sur glace. Lupin le lorgne avec curiosité, il veut jouer, il veut se rouler au sol avec Jouni. Il voudrait qu'il fasse parti de sa meute. Moi j'sais pas encore si je le veux dans la mienne. Ma meute, elle se construit tout doucement, et il n'y a pas grand monde dedans.
D'abord, il y a eu Bonnie, Bonnie la panthére, noire des éclats mates de ses rimmels.
Ensuite, il y a eu Lupin, totem ou familier, Lupin, mon alter sauvage, mon lien mystique aux mondes de la terre.
Ensuite, il y a eu Absynthe, mais Absynthe, c'est un solitaire, il s'en va, il revient. Moi et Lupin on aimerait qu'il reste, Absynthe. Absynthe, c'est notre python vert, c'est la lumière sauvage et primitive de la liberté.
Et puis il y a eu Louis. Louis, c'est un Grand Duc, le regard acéré, la sagesse séculaire, Louis, il est fort comme le monde, c'est un pierre, un roc, la Mer l'a déjà bien ebranlé, mais il est toujours là, fier et dressé face à l'Erode qui s'abat. Il chassera le serpent pour sur.
Mais toi Jouni j'sais pas qui t'es, et toi, j'crois pas que tu le sache encore. Jouni, il est fermé, il est en chrysalide, métamorphosé par la douleur et l'horreur. Qui sait ce qui sortira des chairs fumantes de son cocons... Moi j'veux creuser un peu, j'aimerais savoir, j'aimerais ouvrir un tant soit peu la porte de son monde. Vas-y, laisse moi voir un peu la couleur de tes ombres, je te montrerais un peu les miennes si tu veux, mais j'prefère la lumière. Tu veux pas connaitre un peu la couleur de mes soleils? J'les accroche au ciel pour que mon monde brille plus fort. J'prends la terre bohéme, glaise tiède, boue gitane, et j'accroche des soleils argile de rêve sur les murs de ma caverne. Je m'arrache au maximum au diktats et aux ombres hégémoniques des societés et des sociaux, j'me mets a la marge du monde et je marche, funambule sur le fil de ma liberté. C'que je fais de ma vie, j'cours le long des lignes du monde, voilier ivre sous les vents de la liberté. "Moi? J'voyage au gré de mes rêves. J'ai fait l'Afrique et l'Amazonie, là, j'ai zoner l'Europe un moment, j'comptais attaqué l'Asie ou retrouver Absynthe, la mort de William a choisit a ma place." Je lève un regard intense sur Jouni. Peut-être que si je m'ouvre un peu, il s'ouvrira aussi. Je sais dans ses yeux qu'il n'a pas encore compris qui j'étais. L'ai-je compris moi même. Il m'intrigue. "J'sais pas c'que je ferais si l'autre finissait par attraper Absynthe, je crois que je deviendrais fou. T'es fort de tenir bon mec, j't'admire pour ça? T'arrive petit à petit à encaisser même si tu tiens à la rage et à la haine, moi j'crois que je tiendrais pas." Je tire longuement sur mon joint avant de continuer. " J'aimerais arriver à le proteger, mais j'sais que tout seul, j'pourrais pas. J'pourrais l'amener à l'autre bout du monde, j'le protégerait pas de lui même. On est tous sur ce coup là, Louis toi et moi. Je sais que l'autre soir, tu pensais pas à mal, mais si Asrandrel est aussi dangereux que Louis le pense, vous auriez pu y passer tout les deux, Absynthe serait retourné entre ses griffes et tu serait mort sans avoir pu venger ta femme." Si la fin de ma phrase est dure, elle n'a pas été dite pour blesser. "On a pas l'droit à l'erreur." Je glisse ma main dans mes cheveux, soupirant ma dernière late avant d'écraser le mégots sur un mur pour le glisser dans un cendrier de poche. "Tu veux pas venir un moment au camion, j'aimerais qu'on parle un peu..."

J'espère avoir réussi a toucher un tant soit peu Jouni, j'espère avoir trouver les mots pour qu'il me respecte un tant soit peu, trouver les mots pour qu'on puisse échanger. L'union et l'échange, c'est la force des Hommes. Je l'ai appris de bien des façons.



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Je suis arrivé à Zagreb le : 11/06/2018 J'ai posté un total de : 66 kunas en banque. On me dit que : Max Riemelt Je crédite : Alexis (avatar) donc j'ai : 31 à : Zagreb La classe hein ! Côté cœur je suis : amoureux avec : Hyacinthe


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MessageSujet: Re: Mon meilleur ennemi - Erèbe Galaconnard   Dim 9 Sep - 21:50

"Moi? J'voyage au gré de mes rêves. J'ai fait l'Afrique et l'Amazonie, là, j'ai zonné l'Europe un moment, j'comptais attaquer l'Asie ou retrouver Absynthe, la mort de William a choisi à ma place." Je suis stoïque. Dans ma tête, il y a une sorte de petit moi en dessin simplifié qui plaque leplat de sa main sur sa face. Nom de Dieu, ce que c'est cliché ! Un sourire s'esquisse sur mes lèvres tandis que je regarde mes pieds. Je plisse les yeux contre le soleil lorsque je relève la tête. Je dis rien, parce que je vois pas ce que je pourrais répondre. Je renverse ma tasse au-dessus de ma bouche pour en tirer une dernière goutte. Un voyageur, donc... Suffisait de le dire. Pourquoi il fait de la poésie celui-là ? Parce qu'il s'exprime comme ça, ou pour se sentir supérieur. Je m'assombris. Les gens pensent que je suis un idiot. Toujours. On s'étonne que je sois comme je suis, mais me laisse-t-on seulement la possibilité d'être autre chose ? C'est pas un philosophe que les gens voient quand ils me regardent. Ni un stratège, ni un littéraire, ni un ingénieur. Ils se douteraient pas une seconde du temps que je passe, le nez fourré dans des bouquins ! Ça les décevrait bien trop ! Malgré moi, j'ai un regard de reproche pour le hippie.

"J'sais pas c'que je ferais si l'autre finissait par attraper Absynthe, je crois que je deviendrais fou. T'es fort de tenir bon mec, j't'admire pour ça. T'arrives petit à petit à encaisser même si tu tiens à la rage et à la haine, moi j'crois que je tiendrais pas." Ben voyons. Tu crois savoir ce que je traverses, c'est ça ? T'en sais rien. Rien de rien. Avec ta poésie et tes voyages, tu penses me comprendre ? Je tiens bon, moi ? Rien du tout. Je te regardes depuis le fond du fond de mon putain de crâne. Je t'entends comme à travers une cloison. Je sens rien. Rien ! A part la douleur. Je vis comme anesthésié, comme si j'étais dans un bad trip. Presque, je me dirais qu'à un moment ça va s'arrêter ! Mais non. Dans les moments de lucidité la souffrance s'éveille, et j'ai plus que ma main pour essuyer mes yeux. Et quand c'est fini je retourne à mon état de zombie. Pilotage automatique. Comme si j'étais déjà mort, tu comprends, ça ?! Tu crois le comprendre, ça ?! Que dalle ! Je me lève le matin en espérant le retour du soir pour pouvoir me coucher et dormir ! J'espère ne plus me réveiller, ou m'éveiller dans un monde meilleur. Et le jour suivant j'ouvre les yeux et quoi ? Rien, rien et rien. Le monde, la merde, toujours. Avec Hyacinthe, j'avais enfin découvert autre chose. Elle était la clé, et je l'ai perdue. Je la reverrai plus. Je la reverrai plus, et c'est tout.

" J'aimerais arriver à le protéger, mais j'sais que tout seul, j'pourrai pas. J'pourrais l'amener à l'autre bout du monde, j'le protégerais pas de lui-même. On est tous sur ce coup là, Louis toi et moi. Je sais que l'autre soir, tu pensais pas à mal, mais si Asrandrel est aussi dangereux que Louis le pense, vous auriez pu y passer tout les deux, Absynthe serait retourné entre ses griffes et tu serais mort sans avoir pu venger ta femme. On a pas l'droit à l'erreur." Je darde sur lui un regard furieux. Tu me donnes des leçons ? T'es qui, toi ? Ben ouais, j'ai pas su tenir tête à un merdeux. Parce que je suis pas différent de vous, les gars ! Je suis rien, ni personne. Ça t'étonne ? Tu le découvres, que je suis qu'un caillou noir parmi les autres ? Je le sais, moi. Je le vois chaque jour depuis que mes parents ont décidé de me garder alors qu'ils me voulaient pas. J'aurais pas dû exister, tu comprends, ça ?! Le sentiment d'être une erreur, un bug dans le système ? Putain, mais comment tu pourrais, toi, monsieur-l'air-du-vent ? Toi, tu te balades dans le monde et tu le trouves magnifique, hein ? Putain, mais t'as rien de commun avec moi, arrête d'essayer de me comprendre ! J'ai personne, moi. Personne qui m'aime ! Personne qui m'attend. Y a que la détresse et la solitude qui me tendent les bras ! Peut-être, j'vais me foutre en l'air quand tout ça sera fini. Qu'est-ce que ça fait ? On s'en fout. Mes parents s'en rendraient même pas compte, alors quelqu'un d'autre...

"Tu veux pas venir un moment au camion, j'aimerais qu'on parle un peu..." Que je te suive ? J'ai envie de te cogner dessus, t'imagines même pas. Qu'est-ce que tu viens remuer, là ? J'étais là, j'étais tranquille ! J'avais rien demandé ! J... J'étais juste bien, merde ! Connard ! Connard !

Lentement, je me lève. Bouillonnant, je lui fais face. Sur mes joues, c'est chaud, c'est salé. Humide. Dans ma tête, c'est chaud aussi, et ça coule comme de la lave jusque dans mon ventre. "Et qu'est-ce que tu as à me dire, hein ? Que tu t'inquiètes pour Absynthe ? Que tu t'en remettrais pas s'il mourrait ? REGARDE-MOI !!! Tu prétends me donner des leçons ? MOI, j'ai perdu l'amour de ma vie ! Moi, je sais ce que ça fait ! Tu sais rien ! Rien de rien ! Tu crois être plus apte à le protéger ? Mais regarde-moi ! J'ai pas pu protéger Hyacinthe, moi ! Qu'est-ce que tu crois pouvoir faire, avec ta philosophie et tes poèmes ? Et tu crois pas que je veux le protéger, aussi ?! Moi non plus, j'ai pas envie qu'il crève ! C'est son frère, je veux pas qu'il crève ! T'es pas le seul à avoir peur ! Je... je... j..." Je m'étouffe littéralement dans mes sanglots et j'arrive plus à parler. J'explose ma tasse par terre et je renverse une table. J'avais pas explosé comme ça depuis que j'avais appris la nouvelle... Finalement, je m'écroule, la tête dans les mains, et j'essaye de me contrôler. J'y arrive pas, j'y arrive pas... Ça coule comme d'un barrage détruit. Ça ruisselle comme à la saison des pluie. Comme un enfant qui pleure pour de vrai. Presque silencieusement, secoué de tremblements.

"Merde... Putain !" Je brouille le chemins de sel, dans des gestes rageurs, sans parvenir à les tarir.


Dernière édition par Jouni Rasmussen le Ven 14 Sep - 11:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon meilleur ennemi - Erèbe Galaconnard   Lun 10 Sep - 19:52

Il se lève, le mur craquelle, c’était que de la façade maintenant, ca n’a plus l’air béton impénétrable, maintenant, c’est de la vieille pierre, toute craquelée; et les fissures s’élargissent, l’eau suinte, c’est un barrage qui cède. Et les eaux de souffrances, torrent noir, marasme endeuillé se déversent, et partout ou l’eau passe, tout meurt, ce sont les courants du styx qui s’écoulent de ses paupière précipices. Et puis c’est son coeur, lambeau, chair d’onyx qui s’ouvre, qui en laisse couler un peu.

Mais ce sont des déluges infinis, des typhons, des tsunamis, ce sont les fluides sans fin, noir et profond du désespoir qui couve encore au fond de son poitrail. Et il en faudra, des heures, des jours, des mois, peut-être des années pour pleurer toutes ces larmes là. Mais lors ce qu’aura perler la dernière goutte, fielleuse, sinistre cinabre, stupre viciée des turpitudes de l'âme, lorsque les yeux seront sec, qu’aucune sueur ne viendra plus perler à leur lèvres, alors celui-là reverra le soleil. J’crois pas que tu te foutr’a en l’air, t’as trop la hargne, la haine, t’es trop accroché pour te laisser crever. T’es là et tu te prends pour l’Atlas, a essayer de porter encore les lambeaux de ton monde sur ton dos.

Mais t’es pas Atlas, alors tu cède, tu craque, golem de poussière, tu t'effondre, et derrière la pierre brute, on voit, ta faiblesse, ta chair nue, les palpitations d’un coeur brisé. T’es comme estropié, amputé. Tu t’afaisse après avoir crié, tu presse tes mains contre tes yeux. Pour arrêter l’eau, pour la remettre dedans. Bien que tu me prenne pour un profond débile, j’ai trop de peine pour te laisser là. Moi, j’ai pas la carapace, j’sais pas laisser les gens souffrir. Quand les gens ont mal, quelque part, j’ai un peu mal aussi. Alors j’sais pas si je trouverais les mots, mais maintenant, j’peux lui parler. J’suis plus face un mur, j’suis face à d’la chair, des os, et pleins de larmes. J’suis face à un homme qui a perdu sa flamme. J’suis face a Jouni et son enfer. J’ai envie de l’aider, mais je sais pas par quel bout l’attraper, je me penche, accroupie face à lui. Il est beau, fragile, ses yeux d’eau plein de sel. Il est colère, desespoir, déséquilibre, face au vide, immense. La peur. “J’crois pas que qui que ce soit soit plus apte à le protéger, j’crois qu’il faut qu’on se protége les uns les autres. On est ensemble dans cette merde. Jouni… j’sais pas comment te dire. Absynthe, Louis, moi, on est pas dans l’genre qui abandonnons les gens. T’es avec nous maintenant, et ca vaut c’que ca vaut, mais moi j’pense qu’on va y arrivé, et ca va nous souder.”

J’essaie d’attraper son regard qui fugue entre ses larmes et ses mains. Son regard qui fume, violence et chagrin. “Tu sais, j’pense pas être le gard que t'imagine, et j’crois pas que tu sois celui que j'imaginais. Et puis, j’pense que ca te ferait du bien de lacher prise, mec, viens” Je lui tend la main pour l’aider a se lever. Qu’il la prenne ou pas, la main tendue. On est jamais seul que par choix.


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MessageSujet: Re: Mon meilleur ennemi - Erèbe Galaconnard   Mar 18 Sep - 6:06

C'est atroce. Je manque d'air, j'étouffe. Mes poumons se ratatinent et refusent de se remplir. J'expire des hoquets de chagrin, sans pouvoir inspirer ensuite. Je tremble, panique. Peut-être que je fais une crise. Je sais pas à quoi ça ressemble, j'en ai jamais fait. Ce que je sais c'est que mes idées sont brouillées. Mes pensées ressemblent à des couleurs criardes sur une palette, qui se mêlent et se mélangent. Ça fait de nouvelles couleurs qui m'horrifient. C'est trop, c'est trop ! C'est violent. J'ai envie de vomir. Si j'avais une arme sous la main, j'appuierais sans hésitation sur la détente, que ça s'arrête, que ça s'arrête.

“J’crois pas que qui que ce soit soit plus apte à le protéger, j’crois qu’il faut qu’on se protège les uns les autres. On est ensemble dans cette merde. Jouni… j’sais pas comment te dire. Absynthe, Louis, moi, on est pas dans l’genre qui abandonnons les gens. T’es avec nous maintenant, et ça vaut c’que ça vaut, mais moi j’pense qu’on va y arrivé, et ça va nous souder.”

J'entends les mots mais je les comprends pas. J'essaye juste de respirer. Mes yeux roulent, mais je les cache en les gardant baissés. Ça n'a aucun sens mais cette pudeur ne me quitte pas, même alors que que je suffoque comme un poisson hors de l'eau. Me montrer dans cet état ? Non et non. Et plus je m'acharne à me contrôler, plus je panique, et mon souffle s'échappe. Faut que je me bute. Que ça s'arrête, que ça s'arrête.

“Tu sais, j’pense pas être le gars que t'imagines, et j’crois pas que tu sois celui que j'imaginais. Et puis, j’pense que ça te ferait du bien de lâcher prise, mec, viens.”

J'ai l'impression d'avoir comme une roue dans la tête, qui tourne, et tourne, tourne, tourne. De plus en plus vite. Je vais exploser. Elle s'emballe et je peux pas l'arrêter, ni lui faire changer de direction. Peut-être elle va me rouler dessus et m'écraser. Peut-être mon cerveau va éclater et je vais tomber mort... Que ça s'arrête, que ça s'arrête. Je réprime un gémissement angoissé et cherche désespérément quelque chose, n'importe quoi à me raccrocher. Le loup. Il est là, à se rouler par terre, juste devant moi. Il me regarde avec ses yeux de loup, séducteur et joueur. Il voit que je le regarde, et il colle sa tête entre mes mains, me mordille les doigts. Il approche sa truffe de mon visage et renifle les sel sur mes joues. Je m'agrippe à ses poils comme si c'était tout ce qui restait de réel. C'est doux, doux. Je me concentre sur cette pensée. Les poils. Soyeux. Il s'approche plus près, il cherche mes yeux. Je les lui donne. Ses yeux. Ronds. Comme la terre. Profonds. Comme la mer. J'inspire un grand coup, vaguement conscient de la main qui se tend près de mon visage. Je fouille le pelage du loup. Chaud. Je sens les muscles, je sens les os. J'inspire encore. Le souffle sur mon visage. J'expire. L'impatience, l'invitation. Une impulsion. Sans me préoccuper de pourquoi, juste par nécessité, sans élan, je me jette vers le ciel. Je me mets à courir, courir. Les pensées sont derrière moi, seul le loup me rattrape. Il court à côté de moi, sa truffe à portée de ma main.

Je sais pas combien de temps ça dure. Mais le loup a l'air de beaucoup s'amuser. Alors je le suis. Il change de direction, je change de direction. Il file en ligne droite sur le gazon, je file en ligne droite sur le gazon. Peut-être il sait ce qu'il fait. Peut-être il sait ce qu'il me fallait. Je finis par m'écrouler, essoufflé, sur la pelouse. Il ne tarde pas à me rejoindre et à se rouler comme un bien heureux. Je me sens mieux. Presque assez pour ricaner sous l'air médusé du hippie.

Ma poitrine enfle et se dégonfle. Je respire enfin, fort, fort. Je sens la tension quitter mon corps dans la moiteur de la sueur. Je ferme les yeux un instant, toujours à bout de souffle. Ma bouche s'ouvre et accueille l'air en grandes bourrasques. Le hippie s'avance et me masque au soleil de son ombre curieuse. Je prends encore quelques secondes pour retrouver mes esprits. Puis j'ouvre les yeux, l'autre est toujours là, à me regarder. Je me relève et lui fais face.

"C'est bon, on peut parler." Je me dirige vers son camion.
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 Mon meilleur ennemi - Erèbe Galaconnard

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